
La transmission d’une entreprise familiale n’est jamais une simple opération juridique. Elle combine enjeux patrimoniaux, dynamiques émotionnelles, équilibres politiques internes et impacts directs sur la valorisation. Plus la préparation commence tôt, plus vous sécurisez la continuité du capital, la stabilité familiale et l’optimisation fiscale et financière.
Depuis 2023, les transmissions familiales s’intensifient fortement. Le cadre fiscal évolue, le marché M&A retrouve du dynamisme et les exigences de gouvernance augmentent. Un dirigeant doit donc orchestrer stratégie, fiscalité, gouvernance et opérationnel.
La première décision structurante consiste à choisir le schéma adapté : transmission intrafamiliale, vente partielle, cession complète ou montage hybride.
Une cession peut viser un tiers, un enfant, plusieurs héritiers ou le management. La cession totale simplifie la sortie mais peut fragiliser la continuité familiale. La cession partielle (minoritaire ou majoritaire) permet au dirigeant de rester impliqué et de lisser la transition.
Les donations restent un levier puissant pour organiser la succession. Elles sont renforcées par des avantages fiscaux (réductions, abattements, exonérations sous conditions). Leur pertinence dépend de l’âge, du patrimoine global et du degré d’implication des héritiers.
Le LBO familial permet de financer la reprise par les héritiers opérationnels tout en indemnisant équitablement les héritiers non opérationnels. C’est l’un des montages les plus utilisés dans les transmissions structurées depuis 2023.
Approche de plus en plus valorisée pour garantir continuité et engagement. Elle peut être soutenue par certains abattements fiscaux.
Le Pacte Dutreil reste l’outil fiscal central pour les transmissions intrafamiliales. Il permet un abattement de 75 % sur la valeur transmise, mais son contrôle s’est fortement durci.
Depuis 2024, seules les activités industrielles, commerciales, artisanales, agricoles ou libérales sont éligibles. Les activités immobilières non opérationnelles sont exclues.
Le dispositif repose sur des engagements collectifs et individuels de conservation des titres, assortis d’obligations de poursuite d’activité.
Le coût du Dutreil a explosé : 3,3 milliards en 2023, 5,5 milliards en 2024. Les autorités recommandent désormais un resserrement du mécanisme. La préparation documentaire est donc essentielle pour éviter un redressement.
La loi de finances 2024 a relevé l’abattement à 500 000 € pour les cessions familiales ou aux salariés. Il s’applique si l’activité est poursuivie pendant cinq ans. Ce levier permet de fluidifier les transmissions internes sans devoir recourir à une donation.
Les litiges en transmission familiale proviennent rarement de la fiscalité. Ils naissent du manque de gouvernance : absence de règles, inégalités perçues, zones d’ambiguïté sur le rôle du dirigeant sortant.
Les repreneurs, qu’ils soient internes ou externes, cherchent des entreprises lisibles : organisation simple, reporting clair, dépendance limitée au dirigeant, gouvernance robuste.
Une entreprise familiale non structurée perd entre 10 % et 30 % de valorisation. Une modernisation opérationnelle 18 à 30 mois avant la transmission est l’un des leviers les plus rentables.
Les transmissions les plus stables sont désormais hybrides :
Ces montages permettent d’équilibrer fiscalité, équité familiale et stratégie industrielle.
La transmission d’une entreprise familiale est un acte stratégique à fort impact patrimonial et émotionnel. Les dirigeants qui anticipent, structurent la gouvernance et combinent intelligemment fiscalité et stratégie industrielle obtiennent les transitions les plus stables et les plus valorisantes. Dans un contexte où le cadre fiscal évolue et où le marché se polarise, préparer tôt et documenter soigneusement chaque étape devient un avantage décisif.
Depuis 2023, le contexte a profondément changé : explosion du coût du Pacte Dutreil, renforcement des contrôles, hausse des transmissions intrafamiliales et reprise partielle du marché M&A. Ces tendances obligent les dirigeants à anticiper davantage la structuration capitalistique et la gouvernance. Les règles d’éligibilité ont été clarifiées et les abattements renforcés pour les transmissions internes, ce qui crée à la fois des opportunités et de nouveaux points de vigilance. Le sujet devient critique car un durcissement du Dutreil reste possible et les repreneurs sont de plus en plus exigeants.
La réponse révèle l’équilibre entre compétences, légitimité, équité familiale et pérennité du projet.
Ce choix conditionne la gouvernance future, le type de montage et la perception des héritiers.
Une entreprise lisible et modernisée augmente fortement l’attractivité auprès des repreneurs.
La combinaison fiscalité + gouvernance + stratégie industrielle détermine la réussite globale.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.