Structurer un board data-driven : méthodes pour aligner reporting, pilotage et valorisation lors d’une cession

Structurer un board data-driven : méthodes pour aligner reporting, pilotage et valorisation lors d’une cession

Structurer un board data-driven : méthodes pour aligner reporting, pilotage et valorisation lors d’une cession
February 18, 2026

Pourquoi créer un board de management de la donnée en PME ou ETI ?

La donnée n’est plus un atout réservé aux grands groupes. Pour une PME ou une ETI en croissance, la gouvernance de la donnée devient un levier stratégique de pilotage, d’alignement des équipes et de préparation à une cession. Les attentes des acquéreurs ont évolué : la qualité de l’information, sa traçabilité et son usage dans la prise de décision pèsent lourd lors de l’évaluation d’une entreprise. Sans structure dédiée, le risque est de confondre reporting opérationnel, indicateurs de valorisation et vision stratégique – au détriment de la maîtrise et de la confiance au moment des négociations.

Définir les objectifs et la gouvernance du board data-driven

Identifier les priorités et les livrables attendus

Avant de structurer le board, clarifiez le 'pourquoi' : s’agit-il de fiabiliser le reporting ? D’anticiper les besoins d’un processus de cession ? De sécuriser la valorisation financière ? Cartographiez les besoins métiers (finances, commerce, RH, production) et les attentes des futurs investisseurs ou acheteurs.

  • Exploration des cas d’usage : pilotage de la performance, analyse de la rentabilité par ligne de business, suivi de la trésorerie, gestion des risques, conformité…
  • Distinguer reporting opérationnel et indicateurs stratégiques de valorisation
  • Anticiper les exigences de la data room et la préparation des audits d’acquisition

Définir la structure et le fonctionnement du board

  • Rattachement : comité exécutif, comité d’audit, équipe projet transverse ?
  • Périmètre : données financières, KPI commerciaux, données RH, système d’information ?
  • Fréquence : rythme mensuel ou trimestriel selon le niveau de maturité data de l’entreprise
  • Règles de confidentialité et gestion des accès

Composer le board : profils, expertise et animation

Identifier et recruter les bons profils

Un board data-driven efficace n’est pas un club de data scientists. Il doit rassembler :

  • Des opérationnels clés capables de traduire les enjeux métiers en besoins data
  • Un relais direction générale ou codir assurant l’alignement stratégique
  • Un ou plusieurs experts data internes/externes pour la pédagogie et la structuration des outils
  • Un référent RGPD ou informatique pour la sécurité et la conformité
  • Éventuellement un représentant des investisseurs ou du conseil (dans un contexte de cession ou levée de fonds)

Animer les séances pour un impact concret

  • Structurer l’ordre du jour autour d’objectifs actionnables (pas de reporting « pour faire joli »)
  • Favoriser la confrontation des points de vue entre opérationnels et financiers
  • Mettre en place des axes d’amélioration continue : correction des écarts, pilotage par objectifs (OKR/KPI), retours d’expérience en data room
  • Définir des plans d’action avec des responsables identifiés

Sécuriser la confidentialité et préparer la transmission de la data

Anticiper la sensibilité des data lors d’une cession ou d’une levée

  • Mise en place de droits d’accès limités, tracking des consultations critiques (due diligence, audits externes...)
  • Préparer une documentation claire (glossaire, méthodes de calcul des KPI, historiques de modifications) pour éviter toute zone grise ou interprétation divergente lors de l’analyse des données par des tiers
  • Formaliser les processus de sauvegarde et de transmission (data room structurée, plan de sortie en cas de départ d’un key user data)

Transmettre un héritage data solide, gage de valorisation

  • Favoriser la continuité (documentation, passation, formation) lors du remplacement de profils sensibles ou d’un changement d’actionnariat
  • Créer des outils clés en main pour le repreneur ou l’investisseur : tableaux de bord dynamiques, mapping des sources de données, guide d’exploitation
  • Eviter les dépendances fortes à une personne clé ou à une solution propriétaire non documentée

Erreurs fréquentes et signaux faibles d’un board data-driven inefficace

  • Confusion entre reporting opérationnel et pilotage stratégique
  • Board restreint à l’IT ou déconnecté des enjeux métiers
  • Manque d’ancrage dans la gouvernance globale de l’entreprise
  • Absence de processus formalisé pour la gestion des accès et de la confidentialité
  • Tableaux de bord peu utilisés dans la prise de décision
  • Faible documentation, rendant la cession ou la montée au capital laborieuse
  • Signaux faibles : montée des “data shadow users”, multiplication d’outils en silo, “data fatigue” des équipes, hésitation à partager les informations clés avec les investisseurs

Critiques et limites : le board data-driven n’est pas une garantie de valeur

Attention à ne pas céder au fétichisme de la donnée ou au tout digital. Un board data n’a de sens que s’il est ancré dans la stratégie réelle de l’entreprise, avec un objectif de création de valeur mesurable. Une structure trop lourde, ou trop « tech », peut entraîner des coûts cachés, des lenteurs, voire une perte d’agilité. Enfin, la confidentialité et l’éthique doivent rester un fil rouge : la valorisation d’une entreprise ne se résume pas à la quantité de data partagée mais à sa capacité à éclairer une vision, justifier une trajectoire et sécuriser un repreneur ou un investisseur.

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À retenir :

Structurer un board data-driven crédible, c’est mettre la donnée au service de la décision, du pilotage et de la valorisation. Ni gadget, ni usine à gaz : un board efficace doit coller à vos enjeux métier, anticiper les attentes des parties prenantes et préparer la transmission d’un capital data exploitable. La méthode gagnante ? Aligner gouvernance, outils, profils, et documentation, sans céder à la frénésie de la data pour la data. Le défi commence par une question simple : à quoi la donnée doit-elle vraiment servir dans votre trajectoire d’entreprise ?

Remarques :
En pratique, demandez-vous :  

Allez plus loin, échangez avec un partner !

François Joseph Viallon
François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

Thibault Garnier
Thibault
Garnier
Partner Technologie

Thibault Garnier est Partner Technologies chez Scale2Sell. Il accompagne les dirigeants dans la structuration de leur architecture technique, le pilotage de leurs projets digitaux stratégiques et la montée en maturité de leurs équipes tech & produit.

Ancien CTO dans des scale-ups et des PME industrielles en transformation, Thibault a passé plus de 15 ans à construire, faire évoluer et sécuriser des systèmes d’information complexes. Il intervient aujourd’hui aux côtés de dirigeants qui veulent reprendre la maîtrise de leur stack technique, fiabiliser leur roadmap produit, ou accélérer leur digitalisation sans perdre en agilité.

Chez Scale2Sell, Thibault joue un rôle de traducteur entre les enjeux business et les solutions techniques. Il challenge les prestataires, cadre les décisions structurantes et permet aux dirigeants de garder la main sur les choix technos tout en déléguant sereinement leur mise en œuvre.

Thibault croit profondément que la technologie n’a de valeur que si elle sert la vision de l’entreprise et les usages réels du terrain.

Il vit à Nantes, adore les process bien huilés, les plateformes robustes et… les bateaux à voile, qu’il considère comme les systèmes d’information de la mer : tout doit être fiable, réactif et simple à maintenir en condition réelle.

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