Préparer sa sortie : créer du revenu récurrent avant de vendre

Préparer sa sortie : créer du revenu récurrent avant de vendre

Préparer sa sortie : créer du revenu récurrent avant de vendre
January 5, 2026

Beaucoup de dirigeants envisagent la vente de leur entreprise en se concentrant sur le chiffre d’affaires, la marge ou le résultat net. Pourtant, un élément pèse de plus en plus lourd dans la valorisation : la part de revenus récurrents. C’est souvent ce qui rassure un acquéreur et transforme une entreprise dépendante de quelques gros clients en un actif stable, prévisible et donc mieux valorisé.

Cet article explique simplement pourquoi le revenu récurrent est devenu un critère clé, comment l’intégrer dans votre modèle économique, et comment l’analyser sans expertise financière. Objectif : vous offrir une vision claire et accessible pour préparer votre sortie dans de bonnes conditions.

Comprendre l’essentiel en quelques mots

Un revenu récurrent est un chiffre d’affaires qui revient automatiquement, sans avoir besoin de renégocier ou de prospecter à chaque cycle. Cela peut être un abonnement, un contrat annuel, une maintenance, un forfait de service ou un modèle de consommation régulière.

Pour un acquéreur, ces revenus sont précieux car ils rendent l’avenir plus lisible. Une entreprise avec 30 à 50 % de revenus récurrents donne l’impression d’être déjà embarquée dans l’exercice suivant. Moins de risques = meilleure valorisation.

Ce qu’un dirigeant doit savoir sur le sujet

Dans une PME ou ETI traditionnelle, le chiffre d’affaires dépend souvent de la capacité commerciale du dirigeant. Cette dépendance crée une fragilité au moment de la vente : l’entreprise « vaut moins » si elle repose trop sur le fondateur.

À l’inverse, un revenu récurrent montre que le modèle tient sans vous. C’est un indicateur de maturité opérationnelle. Chez Scale2Sell, nous observons souvent que les entreprises mieux valorisées sont celles où l’on peut prédire une grande partie du chiffre d’affaires à 12 ou 24 mois.

Trois points sont généralement sous-estimés :

  • La puissance des petits abonnements cumulés : 20 contrats à 200 €/mois peuvent transformer l’économie d’une activité.
  • La simplicité des modèles récurrents : ce n’est pas réservé au numérique, cela fonctionne aussi dans le bâtiment, l’industrie, le conseil ou la distribution.
  • La rapidité avec laquelle un acheteur identifie ce levier : lors des due diligences, c’est l’un des premiers indicateurs analysés.

Comment analyser votre situation

Voici une méthode simple pour comprendre où vous en êtes :

Étape 1 : Cartographier vos sources actuelles de chiffre d’affaires

Distinguez clairement ce qui est ponctuel (projet, commande, mission unique) de ce qui se répète (contrat annuel, redevance, abonnement, maintenance).

Étape 2 : Identifier ce qui pourrait devenir récurrent

Posez-vous une question très simple : existe-t-il une prestation ou une valeur ajoutée que vous fournissez régulièrement, mais que vous facturez à la demande ? Souvent, l’offre récurrente se cache déjà dans les habitudes de vos clients.

Étape 3 : Évaluer la stabilité de vos clients

Un client fidèle n’est pas un client récurrent. Vérifiez si votre fidélité tient à votre relation personnelle ou à la valeur structurelle de votre offre.

Étape 4 : Simuler l’effet financier d’un modèle récurrent

Calculez simplement : si 20 % de votre chiffre d’affaires actuel devenait récurrent, combien cela représenterait-il chaque mois ? Cela donne souvent un déclic stratégique.

Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Créer une offre complexe : un modèle récurrent doit être simple à comprendre, simple à acheter et simple à facturer.
  • Penser que les clients refuseront : dans les faits, les offres récurrentes rassurent car elles apportent de la visibilité et un meilleur service.
  • Fixer un prix trop bas : une récurrence faible ne compense pas une perte de marge. L’enjeu n’est pas d’être « le moins cher », mais d’être utile chaque mois.
  • Attendre la dernière année avant la vente : un revenu récurrent devient crédible lorsqu’il a au moins 12 à 24 mois d’historique.
  • Multiplier les offres : mieux vaut un seul modèle bien calibré que trois qui ne décollent pas.

Les bonnes pratiques pour aller plus loin

Étape 1 : Commencer par un petit périmètre

L’idéal est de lancer une première offre récurrente sur un segment limité : un forfait de maintenance, une option de support, un contrat de suivi. Dans les dossiers que nous accompagnons chez Scale2Sell, cette approche progressive fonctionne particulièrement bien.

Étape 2 : Renforcer la valeur perçue

Une offre récurrente fonctionne lorsqu’elle apporte un bénéfice clair : tranquillité, rapidité, disponibilité, simplicité. Ce sont ces notions qui permettent au client d’accepter un paiement régulier.

Étape 3 : Documenter et structurer l’ensemble

Une fois le modèle lancé, documentez vos process : contrat, modalités, livrables, organisation interne. L’expérience terrain de Scale2Sell montre que la structure est tout aussi importante que l’idée.

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À retenir :

Créer du revenu récurrent n’est pas un exercice technique. C’est un moyen simple de rendre votre entreprise plus prévisible, plus stable et donc plus désirable lors d’une vente. Quelques contrats bien pensés peuvent changer la perception d’un acquéreur et augmenter la valorisation globale. Vous pouvez commencer petit, tester, ajuster, puis déployer progressivement une offre récurrente adaptée à votre activité.

Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète.

Remarques :
En pratique, demandez-vous :  

Question 1

Analyse stratégique : Votre chiffre d’affaires dépend-il encore majoritairement de ventes ponctuelles ? Si oui, cela révèle une fragilité pour un acquéreur qui redoutera la volatilité et la dépendance au cycle commercial.

Question 2

Analyse stratégique : Avez-vous identifié au moins une offre simple pouvant devenir un abonnement ou un contrat récurrent ? Cela montre votre capacité à transformer votre modèle et à sécuriser des revenus futurs.

Question 3

Analyse stratégique : Quelle part de votre chiffre d’affaires peut être prédite à 12 mois ? Un faible niveau de prévisibilité est souvent interprété comme un signe de dépendance au dirigeant ou d’organisation insuffisamment structurée.

Question 4

Analyse stratégique : Vos clients achètent-ils une relation personnelle avec vous, ou un service structuré ? La réponse éclaire directement votre niveau de transmissibilité, critère central dans une opération de cession.

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François Joseph Viallon
François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

Sandrine Montel
Sandrine
Montel
Partner Finance

Sandrine Montel est Partner Finance chez Scale2Sell. Elle accompagne les dirigeants dans la structuration de leur pilotage financier, la maîtrise de leur rentabilité et la préparation aux grandes étapes de transformation : accélération de la croissance, levée de fonds ou cession.

Avec plus de 20 ans d’expérience en direction financière dans des PME et ETI, Sandrine combine une approche stratégique, une capacité d’analyse pointue et une forte orientation terrain. Elle a accompagné de nombreuses entreprises dans la mise en place d’outils de gestion performants, le dialogue avec les investisseurs, ou encore la sécurisation de leur trésorerie dans des phases critiques.

Chez Scale2Sell, elle agit comme un véritable bras droit financier des dirigeants, en les aidant à prendre des décisions éclairées, fiables et tournées vers la création de valeur.

Sandrine croit profondément que la rigueur financière n’est pas une contrainte, mais un moteur de sérénité et d’impact pour les dirigeants.

Elle vit entre Lyon et Bordeaux, et partage son énergie entre ses missions de conseil, l’accompagnement de jeunes talents de la finance… et son potager bio, qu’elle cultive avec autant de méthode que ses plans de trésorerie.

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