
Le reporting extra-financier, souvent appelé reporting RSE, est devenu un élément incontournable des échanges entre dirigeants et investisseurs. Alors qu’il était autrefois considéré comme un simple document annexe, il s’impose aujourd’hui comme un indicateur de maturité, de maîtrise des risques et de capacité à se projeter dans une croissance durable. Pour un dirigeant de PME ou d’ETI, comprendre comment ce reporting est perçu n’est plus un sujet réservé aux grands groupes : c’est une clé de valorisation et de crédibilité. Cet article vise à clarifier ce que les investisseurs regardent réellement et comment vous pouvez structurer votre entreprise en conséquence.
Le reporting extra-financier est un document qui décrit l’impact social, environnemental et sociétal de votre entreprise. Il complète les chiffres financiers traditionnels en donnant une vision plus globale de la manière dont vous opérez. Pour les investisseurs, il répond à une question simple : "Cette entreprise maîtrise-t-elle ses risques et est-elle prête pour l’avenir ?"
Trois éléments clés ressortent :
Le premier point souvent sous-estimé par les dirigeants est que les investisseurs ne cherchent pas un "beau" reporting, mais un reporting crédible. Ils savent qu’une PME n’a pas les moyens d’un grand groupe. En revanche, ils attendent de la clarté, de la rigueur et surtout une volonté de progresser.
Dans les dossiers que nous accompagnons chez Scale2Sell, nous constatons que les investisseurs utilisent le reporting extra-financier comme un révélateur de maturité. Un dirigeant capable d’expliquer simplement ses risques environnementaux, sa politique RH ou son contrôle de la chaîne d’approvisionnement est perçu comme un dirigeant solide, fiable et tourné vers le long terme.
Autre élément important : le reporting RSE influence la valorisation. Ce n’est pas tant la performance RSE qui compte que la maîtrise du sujet. Un investisseur est rassuré lorsqu’il voit une entreprise qui anticipe les évolutions réglementaires, les exigences des clients ou les difficultés de recrutement.
Enfin, certains secteurs sont particulièrement sensibles : industrie, BTP, agroalimentaire, chimie, transport. Dans ces secteurs, un reporting incomplet peut être interprété comme une absence de contrôle ou de vision.
Pour savoir où vous en êtes, voici une méthode simple en quatre étapes.
Chaque secteur a ses propres attentes : émissions, sécurité, gouvernance, qualité sociale… Commencez par lister les 3 à 5 sujets qui influencent réellement vos opérations.
Beaucoup d’entreprises pratiquent la RSE sans le savoir : politique RH structurée, actions de réduction des déchets, relations fournisseurs responsables… Notez ce que vous faites, même si ce n’est pas formalisé.
Un reporting doit s’appuyer sur des données simples mais solides : taux d’absentéisme, consommation énergétique, turnover, accidents de travail, etc. Ce que les investisseurs veulent voir, c’est la traçabilité.
Vous n’avez pas besoin d’un plan à 10 ans. Une trajectoire réaliste à 2 ou 3 ans suffit pour montrer que vous maîtrisez votre développement.
Commencez par formaliser ce qui réduit les risques opérationnels : sécurité, qualité, chaîne d’approvisionnement. Ces éléments rassurent immédiatement.
Un document court, mis à jour une fois par an, vaut mieux qu’un rapport exhaustif réalisé une seule fois. Chez Scale2Sell, nous observons que la régularité est un marqueur puissant de professionnalisation.
Expliquez en quoi vos efforts RSE optimisent vos coûts, stabilisent vos équipes ou améliorent votre positionnement commercial. L’expérience terrain de Scale2Sell montre que cette articulation est un différenciateur fort lors d’une levée de fonds ou d’une cession.
Le reporting extra-financier n’est pas un exercice cosmétique : c’est un outil de pilotage et un signal fort de maturité pour les investisseurs. En montrant que vous maîtrisez vos impacts, vos risques et votre trajectoire, vous renforcez votre crédibilité et, à terme, votre valorisation. Le plus important n’est pas d’être parfait, mais d’être cohérent, transparent et structuré.
Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète.
Votre reporting extra-financier reflète-t-il fidèlement vos pratiques internes ? Cette question révèle votre capacité à être transparent, cohérent et crédible face à un investisseur.
Avez-vous identifié les enjeux RSE prioritaires de votre secteur ? Votre réponse met en lumière votre maîtrise des risques et votre niveau d’anticipation stratégique.
Êtes-vous capable de produire des données simples et vérifiables ? Cela montre votre niveau d’organisation interne et la fiabilité de vos processus.
Avez-vous défini une trajectoire RSE réaliste sur 2 à 3 ans ? Cette question révèle votre vision, votre capacité de structuration et votre crédibilité auprès d’un investisseur ou d’un acquéreur.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.