
L’internationalisation peut ouvrir des marchés plus vastes, diversifier les sources de revenus et renforcer la compétitivité d’une entreprise. Mais pour une PME ou une ETI, ces avantages s’accompagnent de risques très concrets. Beaucoup de dirigeants découvrent ces risques trop tard, souvent après avoir investi du temps, des équipes et du capital. L’objectif de cet article est de donner une vision simple, structurée et accessible des principaux écueils à anticiper.
S’internationaliser consiste à développer des activités hors de son marché national : vendre, produire, distribuer ou s’implanter dans un pays étranger. Cela peut sembler évident, mais l’élément clé est simple : changer de pays, c’est changer de règles du jeu. Nouvelles habitudes clients, nouveaux concurrents, nouvelles réglementations, nouvelles cultures de travail.
Trois idées fondamentales à garder en tête :
Quand une PME ou une ETI décide de franchir les frontières, les premières questions portent souvent sur la demande locale et la concurrence. Mais les risques les plus structurants sont ailleurs : dans la capacité de l’entreprise à absorber la complexité. Chez Scale2Sell, nous observons souvent que le véritable danger n’est pas le marché étranger en lui-même, mais le déséquilibre qu’il peut créer dans l’organisation française si le mouvement n’est pas anticipé.
Voici les risques majeurs auxquels un dirigeant doit être attentif :
1. Les risques commerciaux. Un produit performant en France peut être accueilli froidement à l’étranger. Les usages, les sensibilités prix, les attentes en matière de service peuvent être totalement différents. Un dirigeant que nous avons accompagné croyait « simple » d’entrer sur un marché voisin, mais les distributeurs locaux considéraient son packaging comme trop technique pour leurs clients : le lancement a été retardé de six mois.
2. Les risques réglementaires et juridiques. TVA, normes, obligations de conformité, conditions contractuelles… Chaque pays possède ses propres règles. La moindre erreur peut bloquer une importation ou entraîner des pénalités. L’expérience terrain de Scale2Sell montre que ces aspects sont souvent sous-estimés, parce qu’ils n’existent pas dans le marché domestique.
3. Les risques financiers. L’internationalisation engendre des coûts d’entrée : déplacements, recrutement local, adaptation produit, marketing, logistique. Sans compter le risque de change, qui peut réduire fortement la marge si les devises évoluent. Une entreprise peut gagner des clients mais perdre en rentabilité.
4. Les risques organisationnels. L’international exige plus de coordination, plus de reporting, plus de temps de la direction. Cela peut détourner l’attention du marché principal et fragiliser l’entreprise. Dans les dossiers que nous accompagnons chez Scale2Sell, nous voyons fréquemment des dirigeants surinvestir en énergie sur l’étranger, laissant le marché français s’essouffler.
5. Les risques humains et culturels. Manager une équipe locale, comprendre les codes professionnels, ajuster les méthodes de travail… Cela demande une réelle adaptation. Un écart mal géré peut créer tensions internes, incompréhensions ou démissions.
Pour simplifier, voici une méthode en quatre étapes que tout dirigeant peut utiliser avant de se lancer.
Étape 1 : Comprendre le marché ciblé. Identifier les attentes, les pratiques d’achat, la concurrence locale, les niveaux de prix. Une analyse légère mais structurée suffit souvent à éviter un mauvais choix de pays.
Étape 2 : Évaluer l’impact sur l’organisation. Qui pilote le projet ? Quel temps cela prendra-t-il à la direction ? Quels process devront évoluer ? Cette étape permet d’éviter l’effet « double peine » : un lancement étranger mal maîtrisé et un marché domestique affaibli.
Étape 3 : Calculer le coût réel d’entrée. L’internationalisation semble rentable sur le papier, mais il faut ajouter : adaptation produit, logistique, fiscalité, déplacements, consultants locaux, marketing… Mieux vaut chiffrer large que découvrir les coûts en cours de route.
Étape 4 : Définir la séquence. S’internationaliser ne signifie pas ouvrir trois pays d’un coup. Prioriser permet de réduire les risques. Un pays bien réussi peut financer le suivant.
Construire un plan d’entrée simple et chiffré. Un document court, clair, permettant d’évaluer la faisabilité réelle avant d’engager des ressources lourdes.
Rencontrer des acteurs locaux : clients potentiels, distributeurs, experts réglementaires. Quelques échanges qualitatifs peuvent éviter des mois d’erreurs. Chez Scale2Sell, nous voyons souvent que ces discussions préliminaires changent complètement la compréhension du marché.
Démarrer par un pilote. Un distributeur test, une zone limitée, un petit portefeuille produits. Le but est de valider le modèle avant d’investir lourdement. Scale2Sell encourage souvent cette approche étape par étape, car elle réduit fortement les risques.
L’internationalisation ouvre de réelles opportunités pour une PME ou une ETI, mais elle demande une préparation sérieuse. Les principaux risques viennent rarement du pays ciblé ; ils naissent avant tout d’un manque d’anticipation interne, d’une complexité mal gérée et d’une compréhension insuffisante des réalités locales. En maîtrisant ces enjeux, l’international peut devenir un levier de croissance puissant. Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète.
Analyse stratégique : Votre entreprise a-t-elle réellement la capacité interne d’absorber un projet international sans fragiliser le marché français ? Cette question révèle votre niveau de préparation organisationnelle et votre marge de manœuvre managériale.
Analyse stratégique : Quel est le coût d’entrée complet pour votre pays cible ? Votre réponse montre si vous avez une vision réaliste des investissements nécessaires et des risques financiers à anticiper.
Analyse stratégique : Savez-vous précisément comment les clients locaux achètent et choisissent leurs fournisseurs ? Cette question teste votre compréhension du marché et votre capacité à adapter votre offre.
Analyse stratégique : Avez-vous une séquence claire (pays, produits, calendrier) pour limiter les risques ? Cela indique votre maturité stratégique et votre capacité à structurer un développement international progressif.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.