
Quand une entreprise intéresse un acquéreur, une étape revient toujours : la rencontre avec le dirigeant. Même avec des chiffres solides, un business model clair et une équipe compétente, l’acquéreur veut échanger directement avec la personne qui tient la barre. Pour un dirigeant peu habitué à ces démarches, cette insistance peut surprendre. Pourtant, elle répond à des mécanismes très logiques : une entreprise reste, surtout en PME/ETI, le reflet de son dirigeant. L’objectif de cet article est d’expliquer simplement pourquoi cette rencontre est déterminante et ce que cela révèle réellement pour la suite d’une transmission.
En PME, l’acquéreur ne rachète pas seulement une activité : il rachète aussi un mode de fonctionnement, une culture et une manière de décider. Or, tout cela découle directement du dirigeant. L’acquéreur cherche donc à vérifier trois points simples :
- L’entreprise fonctionne-t-elle grâce au dirigeant… ou malgré lui ?
- Le dirigeant a-t-il structuré suffisamment pour que l’activité tourne sans lui ?
- Peut-on anticiper la transition sans risque caché ?
C’est ce qui explique pourquoi une rencontre directe est indispensable : aucune documentation financière ne remplace une discussion authentique sur la vision, les méthodes et le rôle réel du dirigeant.
Dans les PME et ETI, le dirigeant est souvent au cœur de tout : décisions stratégiques, relations clients clés, gestion financière, négociations sensibles, voire parfois contrôle opérationnel du quotidien. Cela rassure en interne, mais inquiète un acquéreur. Chez Scale2Sell, nous observons souvent un décalage entre la perception du dirigeant (« je ne suis pas indispensable ») et la réalité opérationnelle (« tout passe encore par lui »).
Pour un acquéreur, comprendre la place du dirigeant revient à répondre à une question fondamentale : quelle est la dépendance réelle du business ? Plus cette dépendance est forte, plus la transition devient risquée. Par exemple :
- un dirigeant qui détient toutes les relations commerciales clés ;
- un dirigeant seul capable de signer certains contrats ;
- un dirigeant qui arbitre encore les sujets RH sensibles ;
- un dirigeant qui doit valider toutes les dépenses importantes ;
- un dirigeant expert technique sur lequel repose encore l’offre.
L’expérience terrain de Scale2Sell montre que cette dépendance explique souvent des écarts de valorisation, voire des renoncements d’investisseurs. Elle n’est pas un défaut moral, mais un simple symptôme : l’entreprise a grandi plus vite que son organisation.
Voici une méthode simple pour comprendre le niveau de dépendance de votre entreprise à votre propre rôle.
Étape 1 : Cartographier vos responsabilités réelles
Notez toutes les tâches que vous gérez encore personnellement : opérationnelles, financières, commerciales, RH, stratégiques. La liste surprend toujours.
Étape 2 : Identifier ce qui se passerait si vous partiez demain
Quels processus continueraient à fonctionner ? Quels sujets s'arrêteraient immédiatement ? Quelles décisions ne pourraient plus être prises ?
Étape 3 : Mesurer la maturité de votre équipe de direction
Existe-t-il des relais crédibles ? Une vraie délégation ? Des responsables autonomes ? Dans les dossiers que nous accompagnons chez Scale2Sell, c’est souvent ici que se joue la crédibilité d’une transmission.
Étape 4 : Analyser la documentation et la structuration interne
Un acquéreur cherche des process, des indicateurs, une gouvernance. Tout ce qui est tacite dans votre tête devient un risque dans la sienne.
Formalisez progressivement votre rôle : notes internes, procédures, délégation écrite, reporting clair. Plus l’entreprise est lisible, plus elle rassure.
Renforcez l’équipe autour de vous : responsabiliser, former, clarifier les périmètres. Une direction autonome augmente mécaniquement la valeur de l'entreprise.
Préparez la discussion avec l’acquéreur : vision, organisation, relais, transition. Chez Scale2Sell, nous aidons souvent les dirigeants à structurer ce discours pour qu'il reflète la solidité réelle de l’entreprise.
Un acquéreur veut parler au dirigeant parce que c’est lui qui révèle la stabilité, la maturité et la transmission possible de l’entreprise. Ce n’est pas une évaluation personnelle, mais un test de solidité opérationnelle. Plus votre rôle est structuré, délégable et lisible, plus votre entreprise devient désirable et sereine à transmettre. Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète.
Analyse stratégique : Votre entreprise fonctionnerait-elle de la même manière si vous étiez absent plusieurs semaines ? La réponse révèle votre niveau de dépendance personnelle et la solidité de vos relais internes.
Analyse stratégique : Qui détient réellement les relations clients stratégiques ? Si tout repose sur vous, l’acquéreur perçoit un risque majeur pour la continuité commerciale.
Analyse stratégique : Quels processus clés sont documentés ? Une organisation peu formalisée indique un risque opérationnel et une transition plus difficile.
Analyse stratégique : Votre équipe de direction est-elle capable de prendre des décisions structurantes sans vous consulter ? Cela révèle la maturité managériale et la transmissibilité du modèle.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.