
La valeur d’un site de dropshipping ne se mesure pas seulement à son chiffre d’affaires ou à son dernier ROAS. Pour un acquéreur, l’enjeu est de déterminer si le modèle peut durer, résister aux hausses de coûts publicitaires, se conformer aux nouvelles règles douanières et maintenir une marge stable sans dépendance excessive à un fournisseur unique.
Ce qui compte aujourd’hui : la qualité des unités économiques, la résilience du trafic, la fiabilité opérationnelle et la conformité réglementaire. Un site qui performe uniquement grâce à un produit tendance peut générer beaucoup de chiffre d’affaires… mais très peu de valeur transmissible.
Les marges du dropshipping sont mécaniquement instables car elles dépendent du coût de publicité, du prix fournisseur et des délais logistiques. La due diligence des repreneurs analyse :
Les données sectorielles montrent une intensification de la dépendance aux plateformes (Meta Ads, TikTok Ads). Les repreneurs vérifient :
Un site 100% dépendant du paid est mécaniquement moins valorisé qu’un site qui génère de la data first party ou de la récurrence authentique.
La valeur dépend fortement de :
Une unité économique saine et documentée augmente directement la valorisation.
La dépendance à quelques fournisseurs asiatiques reste l’un des freins majeurs à la valorisation. Les acheteurs regardent :
Un site capable de prouver une stabilité logistique est mieux valorisé qu’un site uniquement tourné vers les produits viraux.
Les multiples constatés sur le marché des petits e‑commerce transactionnels varient selon la stabilité du modèle. Les sites de dropshipping pur se situent généralement dans la zone basse des multiples observés pour l’e‑commerce, du fait du risque structurel (volatilité du trafic, dépendance fournisseur, pression réglementaire).
L’analyse porte moins sur le multiple théorique que sur la qualité de l’EBITDA :
Contrairement aux DNVB, les sites de dropshipping présentent rarement une base client récurrente. Lorsque c’est le cas, la valorisation augmente car la dépendance au paid chute mécaniquement.
Les repreneurs valorisent aussi :
Ce sont ces éléments qui transforment un simple business opportuniste en entreprise transmissible.
Un site réalisant 1M€ de CA avec 150k€ d’EBITDA pourra être valorisé différemment selon sa structure :
L’écart peut devenir très significatif car la question n’est pas « combien le site gagne aujourd’hui », mais « combien il peut encore gagner demain ».
La valorisation d’un site de dropshipping dépend moins du chiffre d’affaires affiché que de la capacité du modèle à durer. Les repreneurs recherchent des unités économiques robustes, une conformité solide, une logistique maîtrisée et une dépendance réduite au paid. Structurer ces éléments en amont permet non seulement d’augmenter la valeur, mais aussi de rendre la cession plus fluide et plus attractive.
Les évolutions récentes du cadre réglementaire européen et français – fin des exemptions de petits colis, obligations renforcées sur la TVA à l’importation, durcissement de la conformité produit – modifient profondément la valorisation des sites en dropshipping. Ces changements augmentent les coûts, réduisent les marges et rendent crucial le contrôle de la chaîne d’approvisionnement. Les dirigeants doivent désormais intégrer ces contraintes dans leur stratégie de cession, car elles influencent directement la transmissibilité et la perception du risque par les acquéreurs.
Une dépendance à plus de 80% au paid signale un risque majeur de volatilité et réduit mécaniquement la valeur.
Les repreneurs modélisent systématiquement un CAC en hausse : si la marge explose, la valeur chute.
Une dépendance à des fournisseurs hors UE, sans alternative, est l’un des principaux points de décote en M&A.
Les sites capables de générer de la récurrence obtiennent des multiples supérieurs et attirent plus d’acquéreurs.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.