Céder dans 3 ans ? Voici ce que vous devez commencer à faire dès maintenant

Céder dans 3 ans ? Voici ce que vous devez commencer à faire dès maintenant

Céder dans 3 ans ? Voici ce que vous devez commencer à faire dès maintenant
May 6, 2025

Démarrer une préparation de cession 36 mois avant n’est pas un luxe. C’est ce qui permet d’augmenter la valorisation, d’élargir le nombre d’acquéreurs possibles et de réduire les risques de blocage au moment de la transaction.

Trois ans, c’est le temps nécessaire pour transformer une PME d’un modèle « fondateur-dépendant » vers une entreprise transférable, lisible et scalable — donc attractive.

1. Construire une entreprise réellement indépendante du dirigeant

La dépendance au dirigeant reste l’un des premiers facteurs de décote. Plus elle est forte, plus les repreneurs exigent un earn-out ou un maintien prolongé du fondateur.

Les 36 premiers mois servent à réduire cette dépendance en agissant sur :

  • La délégation des fonctions critiques encore centralisées
  • La montée en compétences d’un noyau managérial autonome
  • La mise en place de routines de pilotage (comités, reporting, arbitrages)
  • La documentation systématique des décisions et processus clés

À maturité, l’entreprise doit démontrer qu’elle tourne sans que le dirigeant soit au centre des opérations.

2. Sécuriser la base financière, juridique et opérationnelle

Une cession se joue souvent sur la qualité de la donnée. Plus l’information est claire, moins un acquéreur demandera de garanties ou de retenues de prix.

À enclencher dès la première année :

  • Audit externe des comptes pour éliminer les zones d’incertitude
  • Mise à jour des contrats clés (clients, fournisseurs, salariés)
  • Clarification complète de la structure capitalistique
  • Sécurisation des actifs immatériels (marques, brevets, licences, logiciels)

Objectif : être capable de disposer d’une data room propre, organisée et cohérente.

3. Booster la lisibilité commerciale et le potentiel de croissance

Un acquéreur cherche de la visibilité. Pas seulement sur les résultats, mais sur la capacité de l’entreprise à produire un flux futur stable et prévisible.

Les chantiers prioritaires :

  • Pipeline structuré, traçable, prévisible
  • Positionnement clarifié et différenciation explicite
  • Relais de croissance identifiés et actionnables
  • Visibilité accrue dans l’écosystème (réseaux, presse, événements)

Plus la trajectoire commerciale est lisible, plus la valorisation augmente.

4. Définir précisément votre horizon de sortie

Un acquéreur veut savoir à quoi s’en tenir. L’ambiguïté crée du risque, donc de la décote.

À clarifier dès aujourd’hui :

  • Votre durée d’accompagnement post-cession
  • Votre volonté de rester minoritaire ou non
  • Votre projet personnel après transmission

Une vision claire simplifie les négociations et sécurise la transition.

5. Travailler la posture de cédant

Le dirigeant vend bien plus qu’un bilan : il vend une culture, un actif collectif et une trajectoire.

Cela implique :

  • Dissocier le récit de l’entreprise de votre personne
  • Accueillir les questions et remises en cause du repreneur
  • Laisser de la place au futur propriétaire

Plus le dirigeant adopte une posture constructive et détachée, plus la cession est fluide.

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À retenir :

Une cession ne se prépare pas en 18 mois, mais en 36. Ce délai permet de réduire la dépendance au dirigeant, sécuriser la donnée, structurer la croissance et clarifier les conditions de sortie.

Les dirigeants qui anticipent obtiennent toujours une meilleure valorisation et une transaction plus fluide. Les autres subissent les renégociations, les décotes et les délais.

Si vous visez une cession dans trois ans, le meilleur moment pour commencer… c’est maintenant.

Remarques :
En pratique, demandez-vous :  

Question 1 : L’entreprise fonctionnerait-elle demain sans moi ?

Cette question teste votre dépendance opérationnelle. Plus la réponse est « non », plus un acquéreur ajustera le prix ou exigera un accompagnement long.

Question 2 : Ma data room serait-elle prête si un acquéreur appelait demain ?

Une information désordonnée ou incomplète crée immédiatement du risque perçu, ce qui impacte les conditions de la transaction.

Question 3 : Quels sont les relais de croissance que je peux rendre visibles d’ici 12 à 24 mois ?

Les repreneurs achètent un potentiel. Plus il est formalisé, démontrable et crédible, meilleure sera la valorisation.

Question 4 : Qu’est-ce que je veux vraiment après la cession ?

La lucidité sur votre sortie permet d’éviter les négociations floues, de cadrer les attentes et de réduire les tensions lors des due diligences.

Allez plus loin, échangez avec un partner !

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