Que regarder dans une lettre d’intention ?

Que regarder dans une lettre d’intention ?

Que regarder dans une lettre d’intention ?
January 3, 2026

Lorsqu’un acquéreur vous envoie une lettre d’intention (souvent appelée « LOI »), c’est un moment clé du processus de cession. Ce document n’est pas encore un engagement définitif, mais il fixe les bases de la future transaction. Beaucoup de dirigeants de PME/ETI découvrent ce document pour la première fois et ne savent pas vraiment où porter leur attention. L’objectif de cet article est de vous aider à comprendre simplement ce qui compte vraiment.

Comprendre l’essentiel en quelques mots

Une lettre d’intention est un document précontractuel envoyé par un repreneur pour formaliser son intérêt. Elle précise : le prix envisagé, les modalités de paiement, le périmètre de la transaction, les conditions d’audit (due diligence) et la manière dont la suite du processus va se dérouler.

Ce n’est pas un contrat, mais ce n’est pas non plus un simple mail d’intention. C’est le document qui pose les bases de la négociation. Il sert de référence pour la suite et influence fortement la qualité des discussions.

Ce qu’un dirigeant doit savoir sur le sujet

Dans la pratique, une lettre d’intention engage souvent beaucoup plus moralement et stratégiquement qu’on ne le pense. Chez Scale2Sell, nous observons souvent que les dirigeants regardent uniquement le prix… alors que la véritable valeur de la LOI se trouve dans les clauses plus techniques.

Quelques notions à bien comprendre :

  • Le prix proposé n’est jamais définitif : il peut évoluer à la hausse ou à la baisse après l’audit.
  • Le montage de paiement est essentiel : paiement comptant, complément de prix (earn-out), crédit-vendeur, etc.
  • Le périmètre de la transaction peut créer des écarts de valorisation : titres, actifs, filiales, immobilier…
  • Les conditions suspensives peuvent bloquer la vente.
  • L’exclusivité vous engage : une fois signée, vous ne pouvez plus parler à d’autres acquéreurs.

L’expérience terrain de Scale2Sell montre que les dirigeants sous-estiment souvent le poids des clauses juridiques et des conditions d’audit. Or ce sont ces zones qui déterminent réellement si la transaction sera fluide ou périlleuse.

Comment analyser votre situation

Voici une méthode simple en quatre étapes pour lire une LOI avec lucidité :

Étape 1 : Vérifier la structure du prix

Demandez-vous : est-ce un prix ferme ou un prix basé sur des hypothèses ? Y a‑t‑il un complément de prix ? Un paiement différé ? Dans un cas récent, un dirigeant pensait recevoir 8 M€, mais la moitié dépendait d’un earn-out difficile à atteindre. La réalité : la LOI valait plutôt 4 M€ fermes.

Étape 2 : Comprendre le périmètre exact de la vente

Est-ce la vente des titres ? Des actifs ? Le repreneur exclut-il certaines activités ou filiales ? Une précision floue peut coûter très cher plus tard. Exemple fréquent : l’immobilier professionnel. Certains repreneurs souhaitent l’intégrer, d’autres non. Et cela change presque tout en termes de fiscalité et de valorisation.

Étape 3 : Examiner les conditions suspensives

Elles peuvent inclure des objectifs financiers, l’obtention d’un financement, le maintien de contrats-clés, ou des engagements opérationnels. Plus il y en a, plus la vente est incertaine. L’objectif est de comprendre à quoi vous vous engagez réellement.

Étape 4 : Évaluer la durée et l’étendue de l’exclusivité

Une exclusivité de 90 jours peut être raisonnable. 180 jours peut être excessif selon la taille de l'entreprise. C’est une période pendant laquelle vous ne pouvez plus solliciter d’autres acquéreurs. Dans les dossiers que nous accompagnons chez Scale2Sell, ce point est toujours négocié avec attention.

Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Erreur 1 : Ne regarder que le prix affiché
    Le prix affiché peut être séduisant, mais les modalités de paiement peuvent en réduire fortement la valeur réelle.
  • Erreur 2 : Accepter une exclusivité trop longue
    Une exclusivité excessive vous prive d’alternatives et donne trop de pouvoir au repreneur.
  • Erreur 3 : Ignorer le périmètre exact de la vente
    Sans clarification, vous pouvez vous retrouver à céder plus d’actifs que prévu… ou à devoir en conserver certains.
  • Erreur 4 : Sous-estimer l’impact des conditions suspensives
    Des conditions trop nombreuses ou trop floues rendent la transaction fragile.
  • Erreur 5 : Ne pas anticiper la charge de travail liée à l’audit
    La due diligence est exigeante. Mal préparée, elle crée des tensions et fragilise le deal.

Les bonnes pratiques pour aller plus loin

Étape 1 : Construire un tableau comparatif des LOI

Quand plusieurs acquéreurs se manifestent, comparer les LOI permet d’aller au-delà du prix et d’analyser chaque détail : conditions, périmètre, calendrier, garanties, montage financier.

Étape 2 : Anticiper les zones de négociation dès la LOI

Certaines clauses sont plus faciles à discuter à ce stade que lors du protocole. Par exemple : durée d’exclusivité, modalités de complément de prix, périmètre exact. Une LOI claire évite des discussions complexes plus tard.

Étape 3 : S’appuyer sur des experts qui lisent “entre les lignes”

Chaque mot d’une LOI a un sens. Certains détails paraissent anodins mais changent l’équilibre de la négociation. Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour décoder ces documents et sécuriser la suite du processus.

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À retenir :

Une lettre d’intention n’est pas un contrat, mais elle fixe les bases de la transaction. Bien la lire, c’est comprendre le véritable sens du prix, du périmètre, des conditions suspensives et de l’exclusivité. Avec une analyse structurée, vous pouvez protéger la valeur de votre entreprise et rendre la suite du processus plus fluide. Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète.

Remarques :
En pratique, demandez-vous :  

Question 1

Analyse stratégique : votre valorisation est-elle réellement “ferme” ou dépend‑elle de nombreuses conditions ? Cela révèle votre niveau de préparation financière et votre capacité à sécuriser une négociation.

Question 2

Analyse stratégique : maîtrisez-vous exactement ce que vous vendez (titres, actifs, immobilier, filiales) ? La réponse montre votre maturité organisationnelle et votre précision dans la gestion du périmètre.

Question 3

Analyse stratégique : l’exclusivité demandée par l’acquéreur est-elle proportionnée ? Ce point reflète votre rapport de force et votre compréhension de la dynamique de marché.

Question 4

Analyse stratégique : êtes-vous prêt pour la due diligence ? Votre réponse indique votre niveau de structuration interne et le risque de voir le prix renégocié.

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François Joseph Viallon
François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

Sandrine Montel
Sandrine
Montel
Partner Finance

Sandrine Montel est Partner Finance chez Scale2Sell. Elle accompagne les dirigeants dans la structuration de leur pilotage financier, la maîtrise de leur rentabilité et la préparation aux grandes étapes de transformation : accélération de la croissance, levée de fonds ou cession.

Avec plus de 20 ans d’expérience en direction financière dans des PME et ETI, Sandrine combine une approche stratégique, une capacité d’analyse pointue et une forte orientation terrain. Elle a accompagné de nombreuses entreprises dans la mise en place d’outils de gestion performants, le dialogue avec les investisseurs, ou encore la sécurisation de leur trésorerie dans des phases critiques.

Chez Scale2Sell, elle agit comme un véritable bras droit financier des dirigeants, en les aidant à prendre des décisions éclairées, fiables et tournées vers la création de valeur.

Sandrine croit profondément que la rigueur financière n’est pas une contrainte, mais un moteur de sérénité et d’impact pour les dirigeants.

Elle vit entre Lyon et Bordeaux, et partage son énergie entre ses missions de conseil, l’accompagnement de jeunes talents de la finance… et son potager bio, qu’elle cultive avec autant de méthode que ses plans de trésorerie.

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