
Dans un marché M&A PME/ETI devenu plus sélectif, la planification stratégique n’est plus un atout : c’est une condition de réussite. La baisse des volumes, la polarisation des valorisations et la sophistication des due diligences imposent aux dirigeants une préparation méthodique avant toute acquisition. Sans cela, les synergies espérées se transforment rapidement en surcoûts, retards et déceptions opérationnelles.
Une acquisition n’est pas un achat : c’est un engagement structurel qui modifie durablement le périmètre, la culture et la performance de l’entreprise. Elle doit donc découler d’une intention stratégique claire : accélérer une ligne de produits, sécuriser une compétence rare, pénétrer un marché, renforcer une chaîne de valeur. Sans cette clarté, la négociation devient opportuniste et dégradante pour la future valorisation.
Dans un contexte où plus d’un quart des opérations européennes se négocient sous 7x l’Ebitda et où seuls les actifs premium dépassent 15x, savoir articuler son rationnel stratégique devient un avantage décisif en négociation.
Dans les PME/ETI, les motivations affichées (croissance, diversification, consolidation) masquent souvent les motivations réelles : dépendance à un client, fragilité d’un segment, manque de compétences internes, pression concurrentielle. Sans analyse stratégique, l’acquéreur surestime les synergies et sous-estime les efforts d’intégration.
Les dirigeants les mieux préparés commencent par formuler une “thèse d’acquisition” simple, testable, et alignée avec les priorités : ce que l’entreprise doit devenir dans 3 à 5 ans et la contribution concrète de la cible à cette trajectoire.
Une acquisition réussie repose sur deux piliers : un objectif clair et une capacité interne à l’intégrer. Beaucoup d’opérations échouent parce que la cible correspond à l’objectif… mais pas aux capacités internes. Intégration IT trop complexe, organisation non scalable, culture incompatible, gouvernance fragile : ces risques restent les causes majeures de difficultés post-deal.
Une planification stratégique solide inclut : diagnostic d’intégration, évaluation de compatibilité culturelle, analyse des modèles opérationnels, estimation des synergies réalistes, préparation des équipes clés.
L’intégration ne s’improvise pas le jour de la signature. Les entreprises performantes préparent en amont : gouvernance dédiée, capacités financières, compétences en gestion de projet, système d’information robuste, RH aptes à absorber un périmètre élargi.
Avec la montée des enjeux cyber, technologiques et data, les due diligences demandent désormais une validation approfondie : sécurité du SI, dette technologique, capacité à intégrer un cloud distribué, pénurie de talents. La planification stratégique permet d’anticiper ces vérifications et d’éviter les “découvertes” après acquisition.
Le contexte 2024–2025 renforce des risques déjà connus : moindre internationalisation des deals en France, baisse du volume, montée de l’exigence des investisseurs, importance accrue des actifs technologiques et humains. La planification pré-acquisition permet d’anticiper ces facteurs : scénarios d’intégration, gestion des écarts culturels, alignement des modèles opérationnels, continuité client.
Les dirigeants qui préparent ces éléments avant l’achat réduisent fortement le risque de destruction de valeur durant les 12 premiers mois post-signature, période la plus critique en PME/ETI.
Dans un marché M&A tendu, polarisé et plus sélectif, la planification stratégique devient un avantage compétitif. Elle permet d’acheter mieux, d’intégrer plus vite et de sécuriser la création de valeur. Les dirigeants PME/ETI qui clarifient leur ambition, évaluent leurs capacités internes et anticipent les risques se positionnent parmi les rares acquéreurs capables de transformer une opportunité en croissance durable.
Les nouvelles données montrent une baisse significative des volumes de transactions en France (–29 % en 2024) malgré une valeur stable, ce qui crée un marché plus exigeant et polarisé. Les PME small caps demeurent dynamiques (+27 % de transactions), mais les valorisations européennes continuent de baisser, avec plus d’un quart des deals sous 7x l’Ebitda. Ces dynamiques renforcent l’importance d’une préparation stratégique rigoureuse : capacité d’intégration, thèse d’acquisition solide, due diligence technologique et culturelle, positionnement clair dans un marché moins internationalisé et plus sélectif.
Elle révèle si l’opération sert une ambition claire ou comble un problème court-terme, ce qui conditionne directement la réussite post-acquisition.
Elle expose vos capacités internes et vos limites opérationnelles, essentielles pour éviter les échecs d’intégration.
Elle mesure la solidité du rationnel économique et évite les projections irréalistes qui dégradent la rentabilité du deal.
Elle permet d’évaluer la robustesse de votre préparation et votre capacité à absorber une cible sans casser votre fonctionnement interne.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.