
Une cession ratée n’est presque jamais due au hasard. Elle résulte d’erreurs structurelles qui dégradent la valeur, brouillent la perception des acquéreurs et affaiblissent la négociation. Pour un dirigeant de PME ou d’ETI, chaque décision prise en amont a un impact direct sur les multiples, le niveau de risque perçu et l’intensité des due diligences. Voici les cinq erreurs qui transforment une cession en parcours chaotique — et comment les éviter.
La préparation tardive est l’erreur qui provoque mécaniquement la plus grande destruction de valeur. Lorsque la cession est déclenchée sous pression, l’entreprise apparaît désorganisée, dépendante du dirigeant ou insuffisamment rentable.
Impact direct sur la valorisation :
Ce qu’un acquéreur voit : une entreprise non “transaction ready”, nécessitant des investissements immédiats et une reprise fragile.
Action corrective : structurer un plan de préparation 24 à 36 mois avant la vente : organisation, process, rentabilité, pilotage.
Beaucoup de dirigeants pensent que leur entreprise vaut “un multiple du CA”. Pour un acquéreur, ce chiffre n’est qu’un point d’entrée : la valeur se construit sur la rentabilité récurrente et la maîtrise du risque.
Impact direct sur la valorisation :
Ce qu’un acquéreur voit : un business model instable ou dépendant du dirigeant, nécessitant une restructuration.
Action corrective : analyser les drivers réels de valeur : récurrence, marge, churn, concentration clients, risques opérationnels.
Même les dirigeants les plus rationnels peuvent se laisser déstabiliser par la dimension émotionnelle. Cette tension influence directement la qualité de la négociation et la fluidité du processus.
Impact direct sur la transaction :
Ce qu’un acquéreur voit : un vendeur imprévisible et un deal potentiellement risqué.
Action corrective : préparer le dirigeant à sa posture de cédant et cadrer les échanges avec un tiers pour maintenir un espace de négociation stable.
Le prix n’est pas le meilleur indicateur de réussite d'une cession. Un mauvais alignement stratégique peut conduire à un deal qui se bloque en fin de processus, ou pire : à une destruction post-cession.
Impact direct sur la transaction :
Ce qu’un acquéreur sérieux voit : une opportunité mal triée, donc possiblement concurrentielle sans cohérence stratégique.
Action corrective : qualifier les acheteurs : vision, capacités financières, expérience sectorielle, fit humain.
Une cession est un projet, pas une finalité. Sans projection claire, le dirigeant s’expose au vide, aux décisions financières impulsives ou à des engagements post-cession mal vécus.
Impact direct sur la transaction :
Ce qu’un acquéreur voit : un cédant qui manque de disponibilité mentale pour une transition sereine.
Action corrective : définir un plan post-cession : rôle futur, allocation du capital, projets personnels ou professionnels.
Une cession réussie repose sur trois piliers : anticipation, maîtrise des risques perçus et posture de négociation. En évitant ces erreurs, vous augmentez non seulement la valeur de votre entreprise, mais aussi la fluidité du processus et la qualité des acquéreurs que vous attirez. La préparation est votre meilleur levier de multiples.
Elle montre si l’entreprise est “transaction ready”, donc si l’acquéreur devra assumer un risque élevé ou non.
Cette question permet d’identifier les drivers de valorisation qui modifient directement les multiples.
Elle aide à anticiper les comportements qui perturbent les discussions et dégradent la confiance de l’acheteur.
Elle permet d’évaluer la pertinence stratégique et la capacité réelle du repreneur à mener le projet.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.