
La plupart des dirigeants pensent que leurs enjeux managériaux relèvent du simple “pilotage d’équipe”. En réalité, certaines erreurs de management réduisent directement la valeur d’une PME, fragilisent sa transmissibilité et augmentent la dépendance au dirigeant. Ces erreurs ne se voient pas toujours dans le quotidien opérationnel, mais elles apparaissent immédiatement lors d’un audit d’acquisition, d’une due diligence ou d’une tentative de délégation.
Une PME qui dépend d’un dirigeant omniprésent perd mécaniquement en valeur. Lorsque toutes les décisions, validations et arbitrages passent par une seule personne, la société devient non transférable car le futur acquéreur craint une perte de performance après la transmission.
La clé est de structurer une véritable gouvernance : comités, rôles définis, responsabilités partagées et rituels de pilotage. Une gouvernance claire réduit le risque perçu et augmente la valeur.
La plupart des dirigeants délèguent des tâches, mais pas la prise de décision. Résultat : l’équipe exécute, mais n’apprend jamais à piloter. Lors d’une cession, cette absence de “second cercle” crée un risque majeur d’intégration et une dépendance excessive.
Pour renforcer la valeur, il faut déléguer non seulement l’opérationnel, mais aussi des arbitrages réels : priorisation commerciale, gestion budgétaire, suivi des comptes clés.
Une entreprise sans reporting fiable se pilote au feeling. Dans un processus de cession, cela déclenche immédiatement une décote, car l’acheteur juge la performance non maîtrisée.
Structurer un cockpit de pilotage simple mais robuste (CA prévisionnel, marge, cash, backlog, churn, capex) permet d’objectiver les décisions et de rendre l’entreprise plus lisible et plus prévisible.
Une culture informelle fonctionne tant que l’entreprise reste petite, mais elle devient un frein lorsqu’elle repose uniquement sur la présence quotidienne du fondateur. À la cession, cela est perçu comme un “risque humain” car rien n’est transmissible.
Documenter les valeurs, rituels, standards managériaux et modes de collaboration renforce la cohérence et la pérennité.
Le manque de cadres intermédiaires opérationnels et stratégiques est l’un des premiers signaux d’alerte pour un acquéreur. Sans ce relais, impossible d’absorber la croissance ou de garantir la continuité post-cession.
Identifier, former et responsabiliser ces managers est donc un levier majeur de valorisation.
Les dirigeants habitués à tout valider eux-mêmes créent un goulot d’étranglement invisible. Les équipes attendent, les projets ralentissent et la performance devient imprévisible. Ce manque d’agilité est un frein majeur pour un acheteur.
Mettre en place un système d’arbitrage clair fluidifie l’organisation et augmente la probabilité de succès d’une transition.
Sans routines de pilotage, l’entreprise vit en mode réactif, et l’acquéreur considère qu’il devra investir dans une restructuration organisationnelle. Cela réduit la valeur.
Un système de rituels courts, réguliers et orientés décisions rend l’entreprise plus prévisible et plus professionnelle.
Une PME dépendante de talents individuels mal accompagnés devient instable. Cette instabilité perçue augmente le risque et réduit la valorisation.
Un plan de montée en compétence simple mais structuré rassure les équipes… et les acquéreurs.
Lorsque les rôles ne sont pas formalisés, la performance dépend de l’informel et des habitudes. Les acheteurs détectent immédiatement cette faiblesse et estiment que la transition sera chaotique.
Clarifier les responsabilités critiques permet de solidifier le fonctionnement sans alourdir la structure.
Recruter au dernier moment crée une surcharge organisationnelle et une instabilité qui inquiètent les repreneurs. Un déficit structurel de compétences est un signal de risque.
Anticiper les recrutements et bâtir des rôles pérennes est un investissement à très fort retour sur la valorisation.
Les erreurs managériales ne sont pas seulement des problèmes internes : ce sont des facteurs de décote. En corrigeant ces dix leviers, vous augmentez la valeur de votre entreprise, vous réduisez sa dépendance à votre présence et vous en améliorez la transmissibilité. Structurer aujourd’hui, c’est valoriser demain.
Cette question révèle immédiatement votre niveau de dépendance opérationnelle, premier facteur de décote lors d’une cession.
Si la réponse est non, vous n’avez pas encore créé un second cercle autonome, indispensable pour une transmission fluide.
Si les responsabilités, rituels et processus ne sont pas clairs, la perception de risque augmente mécaniquement.
Une entreprise non prévisible effraie les investisseurs. La performance n’est pas ce qui compte : c’est la prévisibilité.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.