
Valoriser une PME industrielle en vue d’une cession ne consiste plus à appliquer mécaniquement un multiple. Dans un marché 2024–2025 plus sélectif, marqué par des marges sous pression, des CAPEX de maintien élevés et une demande volatile, la valeur dépend avant tout de la capacité du dirigeant à sécuriser, expliquer et démontrer la performance future. Les 18–24 mois qui précèdent un process sont donc décisifs.
L’acheteur regarde moins le chiffre actuel que la capacité à maintenir cet EBITDA dans un contexte industriel tendu. L’enjeu est de prouver la récurrence de la marge, la transparence des coûts et la robustesse du modèle face aux variations de volumes.
Dans l’industrie, les CAPEX de maintien sont un facteur critique : si les équipements sont vieillissants, le multiple baisse. Les repreneurs retraitent systématiquement les besoins de modernisation, de robotisation ou d’efficacité énergétique.
Une dépendance trop forte à 1–3 clients (automobile, aéronautique, équipementiers) entraîne des décotes immédiates. La valeur augmente quand l’entreprise maîtrise son mix clients et démontre une vraie diversification.
Les tensions 2024–2025 se sont atténuées mais persistent : composants électroniques, métaux, plasturgie. Une supply chain maîtrisée crée un avantage compétitif clair et améliore la valorisation.
Dans les PME industrielles, un gain de productivité de 5–10% peut avoir un impact direct sur le multiple, car il réduit la dépendance aux volumes et stabilise les marges.
Les acheteurs exigent des données précises. Une entreprise capable de présenter un reporting clair réduit immédiatement la perception de risque.
La transition énergétique devient un facteur différenciant : moindre exposition aux coûts, conformité réglementaire, meilleure image auprès des clients.
Un portefeuille clients stabilisé, voire contractualisé, sécurise fortement la valorisation.
Modèles sensibles aux volumes, marges souvent sous pression, dépendance matières première.
Impact : forte exigence sur la normalisation de l’EBITDA.
Très exposée à la concentration clients et aux variations de commandes.
Impact : le multiple dépend plus du mix clients que des marges historiques.
Forte valeur ajoutée, niches techniques, expertise difficile à répliquer.
Impact : multiples plus élevés si le carnet est solide et la R&D documentée.
La valorisation d’une PME industrielle n’est plus seulement un calcul financier : c’est la capacité du dirigeant à prouver la stabilité, la résilience et le potentiel de son modèle. Les 18–24 mois avant une cession sont une fenêtre décisive pour réduire les risques perçus, structurer la performance et sécuriser un multiple élevé. Les entreprises industrielles qui anticipent ces enjeux obtiennent aujourd’hui les meilleures valorisations.
Les données récentes montrent un ralentissement de la réindustrialisation, une volatilité persistante de la production manufacturière et une contraction des prises de commandes dans certaines filières mécaniques. Ces éléments rappellent que la performance passée ne suffit plus : les repreneurs scrutent la résilience, la visibilité et les besoins d’investissement. Le dirigeant doit désormais anticiper les cycles sectoriels, démontrer l’efficacité énergétique et sécuriser ses marges pour éviter une décote dans un marché plus exigeant.
Il révèle la stabilité du modèle, la gestion des coûts et la capacité à résister aux variations de volumes.
Il éclaire le niveau de CAPEX de maintien, l’état des machines et l’impact sur la continuité de production.
Elle montre si le modèle peut absorber une perte de client sans effondrement du résultat.
Elle révèle la capacité de l’entreprise à produire sans rupture, même en contexte tendu.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.