Les 2 Points Qui Limitent le Plus la Croissance d’une PME

Les 2 Points Qui Limitent le Plus la Croissance d’une PME

Les 2 Points Qui Limitent le Plus la Croissance d’une PME
May 4, 2025

La majorité des PME qui stagnent ne sont pas limitées par leur marché, mais par leur organisation. Deux facteurs expliquent l’essentiel des blocages de croissance : la dépendance au dirigeant et l’absence de processus robustes. Ces deux éléments influencent directement la performance, mais aussi la valorisation, les conditions de négociation et la transférabilité de l’entreprise en cas de cession.

La dépendance au dirigeant : le frein invisible qui pèse sur la valorisation

Dans de nombreuses PME, le dirigeant reste le centre névralgique de toutes les décisions. Cette centralisation crée un risque majeur pour un acquéreur : l’entreprise peut‑elle fonctionner sans lui ? Ce point devient critique dans un marché où les repreneurs accordent une importance croissante à la solidité du management et à la gouvernance.

Les impacts directs sur la cession

  • processus de vente rallongés car l’acheteur cherche à mesurer la dépendance réelle ;
  • demande renforcée de garanties et clauses de rétention ;
  • attrait réduit côté acquéreurs dans un marché pourtant dynamique ;
  • difficulté à projeter la croissance future si le dirigeant porte l’essentiel du pilotage.

Signes concrets d’une dépendance forte

  • les clients clés ne veulent parler qu’au dirigeant ;
  • aucune décision stratégique ne peut être prise sans lui ;
  • le reporting, les prévisions ou la trésorerie ne sont pas autonomes ;
  • le management intermédiaire se limite à l’opérationnel.

Les leviers pour réduire cette dépendance

  • formaliser la gouvernance : comités, rituels de pilotage, délégations claires ;
  • structurer un management autonome : montée en compétence et responsabilisation ;
  • transférer les relations clés : clients, partenaires, financeurs ;
  • outiller le pilotage avec un reporting mensuel fiable.

Absence de process : le facteur qui fait fuir les acquéreurs

Une PME sans processus documentés dépend d’individus, pas d’un système. Pour un acquéreur, c’est un risque opérationnel majeur. Dans un contexte où les transactions PME‑ETI sont en forte croissance depuis 2023, les entreprises les mieux structurées captent l’attention — et les meilleures valorisations.

Les conséquences visibles dans une due diligence

  • données financières instables : le reporting manque de régularité ;
  • pipeline commercial non fiable ou non outillé ;
  • RH non anticipées : recrutement réactif, aucun plan de compétences ;
  • opérations dépendantes d’expertises isolées.

Les processus critiques attendus par les repreneurs

  • Commercial : pipeline documenté, qualification uniforme, CRM opérationnel ;
  • Finance : trésorerie suivie, pilotage mensuel, indicateurs normalisés ;
  • RH : responsabilités formalisées, processus de recrutement stable ;
  • Opérations : méthodes écrites, continuité assurée même en cas d’absence.

Comment structurer en 12 à 24 mois

  • cartographier les actions clés et les dépendances individuelles ;
  • documenter les flux essentiels : commercial, finance, opérations ;
  • digitaliser les process avec des outils simples ;
  • déployer une logique d’amélioration continue.

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À retenir :

La structuration interne et la réduction de la dépendance au dirigeant ne sont plus des sujets de confort : ce sont désormais des leviers directs de valorisation et de transférabilité. Dans un marché actif mais sélectif, une PME autonome, gouvernée et processée se vend mieux, plus vite et avec moins de risques. Le dirigeant qui anticipe ces enjeux crée une double valeur : une organisation plus performante aujourd’hui et une entreprise plus attractive demain.

Remarques :

Depuis 2023, le marché des transactions PME connaît une progression notable, avec une hausse marquée des opérations entre 1 et 50 millions d’euros et un intérêt renforcé des acquéreurs pour les entreprises capables d’opérer sans leur dirigeant. Les baromètres récents montrent également une attente accrue concernant la maturité organisationnelle, la qualité des processus, la gouvernance et le pilotage. Ces évolutions rendent la structuration interne et la réduction de la dépendance dirigeant encore plus critiques pour sécuriser une cession et améliorer les conditions de négociation.

En pratique, demandez-vous :  

Question 1 : Votre entreprise peut‑elle fonctionner 30 jours sans vous ?

Indicateur clé de transférabilité : si l’activité se bloque, c’est un signal fort pour tout acquéreur du risque organisationnel.

Question 2 : Vos processus critiques sont‑ils documentés, testés et suivis ?

Une documentation vivante réduit la dépendance aux individus, stabilise la performance et rassure immédiatement un repreneur.

Question 3 : Votre pipeline commercial est‑il prévisible et outillé ?

Un pipeline maîtrisé constitue l’un des éléments les plus analysés en due diligence : il révèle la robustesse de la croissance.

Question 4 : Votre management intermédiaire peut‑il piloter sans vous ?

L’autonomie managériale est l’un des meilleurs signaux envoyés à un repreneur : elle prouve la capacité de l’entreprise à continuer après la cession.

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François Joseph Viallon
François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

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