Pourquoi mes équipes ne prennent jamais d’initiatives ?

Pourquoi mes équipes ne prennent jamais d’initiatives ?

Pourquoi mes équipes ne prennent jamais d’initiatives ?
January 1, 2026

Dans de nombreuses PME et ETI, les dirigeants constatent la même difficulté : leurs équipes semblent attendre les consignes, éviter les décisions et rester dans un fonctionnement minimal. Ce manque d’initiative n’est pas qu’un sujet managérial : il freine la croissance, surcharge le dirigeant et limite la valeur future de l’entreprise. Cet article vise à expliquer simplement pourquoi ce phénomène apparaît et comment le comprendre sans jargon.

Comprendre l’essentiel en quelques mots

Une équipe qui ne prend pas d’initiative n’est pas une équipe « peu motivée » par nature. Dans la plupart des cas, c’est un signe d’organisation : objectifs flous, responsabilités mal définies, ou culture où l’erreur est perçue comme un risque. Quand l’environnement n’encourage pas l’autonomie, les collaborateurs adoptent un réflexe logique : attendre les instructions pour éviter les problèmes.

Trois notions sont essentielles :

  • L’autonomie ne se décrète pas : elle se construit.
  • La prise d’initiative ne naît que si le cadre est clair.
  • Les équipes agissent en fonction des signaux envoyés par le dirigeant.

Ce qu’un dirigeant doit savoir sur le sujet

Dans les PME, la prise d’initiative est souvent limitée non pas par les individus, mais par l’organisation. Chez Scale2Sell, nous observons fréquemment que l’entreprise repose sur un « centre décisionnel unique » : le dirigeant. Même si celui-ci encourage verbalement l’autonomie, les équipes perçoivent que la validation finale reste toujours au sommet. Elles adaptent donc naturellement leur comportement.

Ce manque d’initiative peut venir de plusieurs causes :

1. Une absence de cadre clair
Quand personne ne sait exactement ce qui est attendu, chacun préfère ne rien faire plutôt que mal faire. Un responsable de service nous expliquait récemment : « Je ne propose plus, car je ne sais jamais si c’est dans le périmètre ou pas. »

2. Une culture où l’erreur coûte cher
Dans certaines entreprises, une erreur passée a entraîné une sanction ou une remarque très dure. L’équipe retient alors la leçon : initiative = risque → on évite.

3. Un historique d’hypercontrôle
Quand le dirigeant a longtemps été au centre de tout, l’organisation s’est habituée à fonctionner ainsi. L’expérience terrain de Scale2Sell montre que même après un changement de discours, les habitudes mettent du temps à évoluer.

4. Un manque de visibilité sur la vision et les priorités
Sans cap clair, une initiative peut être perçue comme « hors sujet ». Pour éviter cela, les équipes préfèrent attendre des instructions.

Ces comportements ne sont pas des défauts individuels : ce sont des symptômes organisationnels. En les identifiant, un dirigeant gagne énormément en efficacité managériale et en valeur stratégique.

Comment analyser votre situation

Voici une méthode simple en quatre étapes pour comprendre pourquoi vos équipes ne prennent pas d’initiative.

Étape 1 : Observer les comportements quotidiens
Notez pendant deux semaines les moments où vos collaborateurs évitent une décision ou vous renvoient une question simple. Cela vous donnera une vision factuelle et non impressionniste.

Étape 2 : Identifier les zones floues
Posez-vous la question : « What is expected ? » Que doit faire chacun, avec quel niveau d’autonomie ? Les zones floues créent de l’inertie.

Étape 3 : Évaluer votre propre rôle
Demandez-vous honnêtement : « Ai-je tendance à reprendre la main ? » ou « Ai-je déjà envoyé des signaux négatifs face à une initiative ratée ? » Ce travail d’introspection est souvent décisif.

Étape 4 : Écouter les équipes
Une discussion ouverte, structurée autour de questions simples (« Qu’est-ce qui vous freine ? ») apporte toujours des informations précieuses.

Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Confondre autonomie et absence de contrôle
    L’autonomie nécessite un cadre, pas un abandon.
  • Penser que « les équipes n’ont pas la bonne attitude »
    Dans la majorité des cas, c’est le système qui bloque la prise d’initiative.
  • Envoyer des messages contradictoires
    Dire « proposez » mais valider chaque détail décourage toute initiative.
  • Récompenser uniquement l’exécution, jamais l’amélioration
    Les collaborateurs reproduisent ce que l’entreprise valorise réellement.
  • Penser que la confiance va apparaître spontanément
    Elle se construit par des engagements clairs et des routines.

Les bonnes pratiques pour aller plus loin

Étape 1 : Clarifiez les zones de responsabilité

Définissez ce que chaque personne peut décider seule, ce qui doit être partagé et ce qui doit être validé. Une simple matrice RACI adaptée à votre réalité suffit souvent. Dans les dossiers que nous accompagnons chez Scale2Sell, ce travail réduit immédiatement les frictions.

Étape 2 : Valorisez les initiatives, même imparfaites

Montrez que l’action est plus importante que la perfection. Un manager qui remercie une tentative envoie un signal positif à toute l’équipe.

Étape 3 : Installez des rituels de partage

Un point hebdomadaire où chacun partage une idée, une amélioration ou un problème résolu favorise un climat d’initiative. Chez Scale2Sell, nous constatons que les entreprises qui adoptent ces rituels gagnent en engagement et en fluidité de décision.

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À retenir :

La prise d’initiative n’est jamais un hasard : c’est le résultat d’un cadre clair, d’une culture cohérente et d’un dirigeant qui donne l’espace nécessaire pour agir. En travaillant sur la structure, les messages et les responsabilités, une PME peut transformer sa dynamique interne et libérer un potentiel souvent sous-estimé. Les solutions sont accessibles, progressives et puissantes dès qu’elles sont mises en œuvre avec régularité.

Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète.

Remarques :
En pratique, demandez-vous :  

Question 1 : Ai-je clairement défini ce que chacun peut décider seul ?

Analyse stratégique : Cette question révèle le niveau de maturité organisationnelle. Si les zones d’autonomie ne sont pas explicites, l’entreprise repose trop sur le dirigeant, créant des goulots d’étranglement et réduisant la valeur future.

Question 2 : Mes équipes ont-elles peur de faire une erreur ?

Analyse stratégique : La culture de l’erreur influence directement l’innovation et l’efficacité. Une réponse positive signale un risque fort de stagnation et une dépendance excessive aux validations.

Question 3 : Ai-je tendance à reprendre la main même quand je dis vouloir déléguer ?

Analyse stratégique : Cette incohérence fréquente bloque l’autonomie. L’identifier permet d’ajuster les pratiques managériales et de renforcer la crédibilité des messages de confiance.

Question 4 : Les priorités de l’entreprise sont-elles connues et comprises ?

Analyse stratégique : Sans alignement stratégique, les initiatives semblent risquées ou inutiles. Un manque de clarté sur les priorités empêche toute prise d’initiative cohérente et limite la performance globale.

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François Joseph Viallon
François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

Coraline Thieller
Coraline
Thieller
Partner Délégation

Coraline Thieller est partenaire chez Scale2Sell, où elle pilote la mise en place et l’organisation de l’assistanat au sein des entreprises accompagnées.Spécialiste des opérations et de la structuration des fonctions support, elle aide les dirigeants à déléguer efficacement, à fluidifier leur quotidien et à se recentrer sur leur rôle stratégique.

Avant de rejoindre Scale2Sell, Coraline a accompagné de nombreuses startups et PME dans leur structuration interne, en s’appuyant sur une approche à la fois humaine, pragmatique et orientée résultats.

Réactive, bienveillante et ultra opérationnelle, Coraline est la garante d’une assistante qui devient un vrai levier de performance.

Maman de 2 garçons de 15 et 5 ans, Coraline est basée à Aix en Provence

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