Gestion des ressources humaines avant cession : comment retenir vos talents clés pour rassurer les acquéreurs ?

Gestion des ressources humaines avant cession : comment retenir vos talents clés pour rassurer les acquéreurs ?

Gestion des ressources humaines avant cession : comment retenir vos talents clés pour rassurer les acquéreurs ?
June 16, 2025

Un départ clé, juste avant ou pendant une cession, n’est presque jamais un accident.

Ce n’est pas un problème de bonus mal calibré.
Ce n’est pas un défaut de package.
Et ce n’est pas “la génération qui ne veut plus s’engager”.

C’est très souvent un signal faible que le dirigeant n’a pas voulu voir.

Et en 2025, les acquéreurs savent parfaitement les lire.

La vérité inconfortable : vos talents ne quittent pas l’entreprise, ils quittent l’incertitude

Dans les PME, les talents clés ne sont pas naïfs.

Ils voient :

  • les silences inhabituels,
  • les décisions repoussées,
  • les rendez-vous “confidentiels”,
  • les signaux faibles dans l’agenda du dirigeant.

Même sans annonce officielle, ils sentent qu’un cycle se termine.

Et quand ils ne comprennent pas ce qui se prépare, ils se protègent.
Parfois discrètement.
Parfois trop tôt.

👉 Le risque RH avant cession n’est pas la perte de motivation.
👉 C’est la perte de projection.

Pourquoi un départ clé fait si mal dans un process de cession

Quand un talent stratégique part, ce n’est pas seulement une ressource qui disparaît.

C’est :

  • une dépendance qui devient visible,
  • une organisation qui révèle ses fragilités,
  • une promesse de continuité qui se fissure.

Pour un acquéreur, ce départ pose immédiatement trois questions :

  • Pourquoi lui ?
  • Qui d’autre pourrait partir ?
  • Que reste-t-il si le dirigeant s’efface ?

Et ces questions se traduisent rarement en empathie.
Elles se traduisent en décote, clauses, earn-out, ou renégociation.

Identifier les vrais talents clés (ceux qui font peur quand on les imagine partir)

Un talent clé n’est pas toujours celui qu’on valorise officiellement.

C’est souvent celui qui détient :

  • un savoir-faire non formalisé,
  • une relation client sensible,
  • des routines opérationnelles invisibles,
  • une capacité à “faire tenir” l’organisation quand ça craque.

👉 Si vous ne pouvez pas expliquer précisément ce que deviendrait l’entreprise sans cette personne, alors elle est critique.

Et si cette dépendance n’est pas traitée avant la cession, elle sera révélée pendant.

La fausse bonne réponse : l’argent seul

Oui, les bonus de rétention existent.
Oui, ils sont parfois nécessaires.

Mais croire que l’argent suffit est une erreur fréquente.

Un talent clé ne reste pas uniquement pour un chèque s’il pense que :

  • son rôle va disparaître après la vente,
  • son avenir est flou,
  • le dirigeant lui-même n’a pas de vision claire.

👉 L’argent achète du temps.
👉 Il n’achète pas la confiance.

Ce qui retient vraiment les talents avant une cession

1. La clarté (même partielle)

Les collaborateurs acceptent l’incertitude.
Ils n’acceptent pas le flou permanent.

Savoir :

  • ce qui est envisagé,
  • ce qui ne l’est pas,
  • ce qui est encore ouvert,

stabilise beaucoup plus qu’un silence “protecteur”.

2. La reconnaissance du rôle réel

Un talent clé qui se sent reconnu uniquement comme un “risque à sécuriser” se détache.

À l’inverse, reconnaître explicitement :

  • son rôle dans la continuité,
  • sa place dans l’après,
  • sa valeur au-delà de la transaction,

renforce l’engagement.

3. Une trajectoire post-dirigeant crédible

La vraie question que se posent les talents est rarement :

“Combien je vais toucher ?”

Mais plutôt :

“À quoi va ressembler l’entreprise quand le dirigeant ne sera plus là ?”

Si le dirigeant n’a pas cette réponse, ses équipes le sentent immédiatement.

Le point que beaucoup de dirigeants évitent

Retenir les talents clés oblige souvent à regarder une réalité plus profonde :

👉 si leur départ fait si peur, c’est que l’entreprise repose encore trop sur des individus — souvent sur le dirigeant lui-même.

La rétention RH n’est pas un sujet isolé.
C’est un symptôme de transmissibilité incomplète.

Ce que les acquéreurs regardent vraiment côté RH

Ils ne cherchent pas une équipe parfaite.
Ils cherchent une équipe :

  • stable,
  • lisible,
  • capable de fonctionner sans héroïsme.

Ils regardent :

  • la profondeur managériale,
  • l’existence de relais,
  • la capacité de l’organisation à absorber un changement de tête.

👉 Une entreprise qui tient grâce à quelques personnes clés non sécurisées est perçue comme fragile, même si elle est rentable.

Travailler la rétention, c’est préparer la transmission

Travailler ce sujet 12 à 24 mois avant une cession, ce n’est pas “anticiper la vente”.

C’est :

  • réduire les angles morts,
  • sécuriser la valeur,
  • éviter les décisions prises dans l’urgence,
  • reprendre la main sur le tempo.

Et surtout, c’est envoyer un message clair :

l’entreprise ne s’arrête pas avec celui qui l’a construite.

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À retenir :

Dans un marché où la certitude d’exécution prime, la rétention des talents clés n’est plus seulement un enjeu RH : c’est un levier de valorisation. Les entreprises capables de démontrer une équipe stable, alignée et sécurisée obtiennent de meilleures conditions, évitent les renégociations et renforcent l’attractivité de leur dossier. Préparer ce volet 12 à 24 mois avant la vente devient indispensable pour maximiser la valeur et garantir une transition fluide.

Remarques :

Le marché M&A 2024–2025 est devenu plus volatile, avec un recul marqué des transactions et une exigence renforcée sur la qualité des équipes. La volatilité croissante des cadres augmente le risque de départs critiques, poussant les acquéreurs à être plus prudents et à appliquer des décotes lorsque la rétention n’est pas sécurisée. Dans ce contexte, actionnariat salarié, stabilité managériale et solidité des processus RH prennent une importance stratégique nouvelle pour les PME/ETI.

En pratique, demandez-vous :  

Question 1 : Quels talents clés influencent directement la valorisation ?

Cette question permet d’identifier les actifs humains considérés comme sensibles par les acquéreurs et donc de prioriser les efforts de rétention.

Question 2 : Quels risques RH pourraient faire renégocier le prix ?

Elle pousse à cartographier les fragilités pouvant entraîner décote, earn-out renforcé ou retrait d’un acquéreur.

Question 3 : Quelles preuves de stabilité présenter en due diligence ?

Elle clarifie les indicateurs et documents RH à structurer pour rassurer immédiatement un investisseur.

Question 4 : Comment sécuriser la continuité en cas de départ critique ?

Elle oblige à anticiper des scénarios de back-up crédibles pour montrer la résilience opérationnelle.

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Coraline Thieller
Coraline
Thieller
Partner Délégation

Coraline Thieller est partenaire chez Scale2Sell, où elle pilote la mise en place et l’organisation de l’assistanat au sein des entreprises accompagnées.Spécialiste des opérations et de la structuration des fonctions support, elle aide les dirigeants à déléguer efficacement, à fluidifier leur quotidien et à se recentrer sur leur rôle stratégique.

Avant de rejoindre Scale2Sell, Coraline a accompagné de nombreuses startups et PME dans leur structuration interne, en s’appuyant sur une approche à la fois humaine, pragmatique et orientée résultats.

Réactive, bienveillante et ultra opérationnelle, Coraline est la garante d’une assistante qui devient un vrai levier de performance.

Maman de 2 garçons de 15 et 5 ans, Coraline est basée à Aix en Provence

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