
Face à la multiplication des défis (digitalisation, nouveaux modèles économiques, concurrence accélérée), de nombreux dirigeants de PME et ETI se posent la question de structurer l’innovation en dehors du business as usual. Le comité d’innovation apparaît comme une solution efficace, à condition de clarifier ses finalités : impulser une dynamique d’anticipation, challenger les choix stratégiques, sécuriser l’investissement dans l’innovation et rassurer employés et partenaires sur la capacité de l’entreprise à se renouveler.
Avant toute création, il est indispensable de préciser les attentes. Le comité doit-il détecter des signaux faibles, valider les roadmaps, piloter des budgets ? S’agit-il d’un laboratoire d’idées internes ou d’un organe orienté ROI ? L’absence d’objectif partagé est une erreur fréquente, qui conduit souvent à la dilution des efforts et à la frustration des équipes. Posez la question de la création de valeur attendue : où l’innovation doit-elle transformer l’entreprise (marché, produit, organisation, process) ?
La composition du comité d’innovation conditionne sa pertinence. Favorisez un panel mixte (internes/externes, juniors/seniors, techniques/marketing, etc.). Des membres uniquement issus du management opérationnel risquent d’étouffer la créativité ; à l’inverse, une équipe trop « lunaire » et déconnectée des enjeux business sera vite marginalisée. Sélectionnez des membres capables d’intelligence collective, ouverts à la remise en question et ayant une réelle appétence pour l’expérimentation.
Un piège classique : nommer des collaborateurs qui voient le comité comme une promotion ou une instance de décision qui empiète sur leurs prérogatives habituelles. Clarifiez le positionnement : conseil, force de proposition, pilotage de projets…
La gouvernance ne doit pas devenir un carcan administratif. Prévoyez des réunions cadrées mais modérées en fréquence (mensuel ou trimestriel), des formats courts, et des outils numériques pour gérer les idées et leur suivi (plateformes de management de l’innovation, tableaux de bord en ligne). La qualité des échanges prévaut sur la quantité : favorisez l’écoute active, évitez la sur-information et concentrez-vous sur l’évaluation des projets à forte valeur ajoutée potentielle.
Mesurer l’efficacité d’un comité d’innovation requiert des KPIs différents des indicateurs classiques. Mettez au point des métriques sur : le nombre d’idées générées et testées, le taux de transformation en prototypes ou pilotes, l’intégration au business model, et à terme l’impact sur le CA ou la marge. Attention, une surabondance de KPIs ou des métriques trop court-termistes tuent souvent la dynamique de prise de risque : évaluez aussi la qualité du processus, la satisfaction des participants, et la capacité à lever des freins organisationnels.
Le défi est d’éviter le comité gadget, isolé dans la structure et sans légitimité. Pour assurer l’utilité, arrimez le comité d’innovation à la gouvernance centrale (comité de direction, conseil d’administration, board…) par des points d’étape structurés : reporting, co-construction de feuilles de route, nomination d’un référent innovation au board principal, intégration au budget stratégique annuel.
Il existe des contrepoints à l’engouement actuel : dans des structures très agiles ou de taille modeste, une gouvernance dédiée peut rigidifier l’acte d’innover. Parfois, renforcer les processus d’intrapreneuriat ou d’open innovation reste plus utile que d’instaurer un organe formel. Réfléchissez bien à la culture d’entreprise, au degré de maturité en innovation, et à la réalité de vos ambitions avant de créer un énième comité dont la vocation resterait floue.
Structurer un comité d’innovation en PME ou ETI ne relève ni de la mode ni de la bureaucratie, mais d’un véritable choix stratégique pour ancrer l’innovation dans la gouvernance et la création de valeur. Ce guide vous invite à dépasser l’effet d’annonce pour construire un dispositif aligné sur vos objectifs et réellement porteur : clarté des missions, choix réfléchi des membres, indicateurs adaptés, et liens forts avec la gouvernance principale. Interrogez sans complaisance la pertinence de ce choix pour votre organisation, et privilégiez toujours l’impact concret sur la trajectoire de croissance plutôt que l’affichage. Pour aller plus loin dans la structuration ou la modernisation de votre gouvernance, n’hésitez pas à consulter nos autres dossiers ou à prendre contact avec Scale2Sell.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.