
Dans un contexte où la rapidité et la justesse des décisions conditionnent la performance d’une entreprise, l’adoption d’une stratégie data-driven s’impose progressivement comme un levier incontournable pour les PME et ETI. Pourtant, de nombreuses entreprises s’en remettent encore à l’intuition ou à des reportings partiels, notamment dans les phases critiques comme la croissance accélérée ou la préparation d’une cession. L’enjeu n’est donc plus de collecter de la donnée, mais bien de structurer sa gouvernance, d’assurer la fiabilité et l’alignement de ses indicateurs, et de diffuser une culture du pilotage à tous les étages du management.
La première étape vise à clarifier la mission du data management board. Son rôle n’est pas seulement technique, mais profondément stratégique : garantir que la donnée éclaire la prise de décision sur tous les sujets majeurs (croissance, organisation, préparation à la cession, etc). La composition inclut impérativement des membres du comité de direction, un référent data (interne ou externe), et si possible un responsable financier. Les erreurs fréquentes ? Sous-estimer la nécessité d’un sponsor au plus haut niveau ou limiter le data board à une fonction support informatique sans vision transverse.
Pour éviter l’effet « comité qui ne sert qu’à valider des reportings », il est essentiel de définir un mandat précis, intégrant l’analyse régulière des indicateurs clés, la priorisation des sujets data stratégiques (sécurité, qualité, valorisation des actifs immatériels), et la capacité à porter des arbitrages au niveau du codir. L’instauration de routines formelles (revue mensuelle ou trimestrielle, reporting partagé, comité extraordinaire en cas de situations critiques) permet d’ancrer la démarche dans la durée. Les signaux faibles d’un data board inefficace ? Absence de suivi des décisions, manque d’actions concrètes ou reporting qui ne débouche sur aucune action de réajustement.
Le choix des indicateurs doit partir des ambitions stratégiques de l’entreprise (croissance, rentabilité, désintermédiation du dirigeant, etc.) sans céder au syndrome du reporting-tout-azimut. Une cartographie des KPIs, classés par priorité et par niveau de responsabilité (direction, métiers, opérations), s’avère indispensable. Les erreurs courantes : sélectionner des métriques difficiles à fiabiliser, ou négliger la formation des utilisateurs finaux à leur lecture critique.
Le data management board doit arbitrer sur le choix et l’intégration d’outils de collecte, de BI ou de dataviz adaptés à la maturité de l’organisation : CRM, ERP, tableaux de bord, solutions collaboratives... Tout déploiement doit être articulé avec des processus clairs de collecte et d’exploitation pour éviter la production massive de données inutiles ou l’illusion de la performance pilotée par l’outil seul. Critiquer les approches dogmatiques : l’outil ne fera pas le pilotage, seule une culture managériale engagée permet d’en tirer tout le bénéfice.
La data-driven n’est pas une affaire exclusive de spécialistes techniques : tous les membres du comité de direction doivent maîtriser la lecture et l’interprétation des indicateurs définis. L’investissement dans des formations ciblées (prise de décision sur la base d’indicateurs, décryptage de dashboards, prévention des biais de confirmation) appartient au mandat du data management board. Un autre point clé est la formalisation des retours d’expérience, pour consolider les acquis et faire évoluer les routines avec agilité.
Enfin, diffuser l’usage raisonné des données dans les équipes favorise l’autonomie, l’innovation et la croissance durable. Initiatives de partage (webinaires internes, newsletters autour de la data, ateliers de sensibilisation) et nomination d’ambassadeurs parmi les managers intermédiaires sont à privilégier. Les signaux faibles à surveiller : désengagement des équipes, lectures différentes d’un même KPI, ou conflits d’interprétation entre codir et opérationnels.
En phase de croissance, de cession ou de transformation, la transparence et la robustesse de la gouvernance data conditionnent la valorisation de l’entreprise et la confiance des parties prenantes. Un audit stratégique centré sur la qualité et la fiabilité des indicateurs (fiscalité, compliance, performance opérationnelle, dépendance au dirigeant) prépare le terrain à toutes les grandes transactions. Attention cependant à ne pas « sur-auditer », au risque de perdre de vue les enjeux business de terrain : l’audit doit rester agile, actionnable et adapté à la taille de la structure.
Structurer un data management board et ancrer la culture data-driven à tous les niveaux permet de transformer la prise de décision, sécuriser les phase de croissance et maximiser la valeur lors d’une cession ou d’une transformation. Cette démarche doit reposer sur un pilotage opérationnel, des choix d’outils adaptés, la montée en compétence des décideurs et une diffusion active des bonnes pratiques. Pour aller plus loin, interrogez-vous : votre gouvernance actuelle permet-elle aux données de servir votre projet d’entreprise, ou bien alimente-t-elle un pilotage en silo sans vision transversale ?
Besoin d’expertise pour structurer ou dynamiser votre démarche data-driven ? Contactez Scale2Sell pour un accompagnement sur mesure.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

Thibault Garnier est Partner Technologies chez Scale2Sell. Il accompagne les dirigeants dans la structuration de leur architecture technique, le pilotage de leurs projets digitaux stratégiques et la montée en maturité de leurs équipes tech & produit.
Ancien CTO dans des scale-ups et des PME industrielles en transformation, Thibault a passé plus de 15 ans à construire, faire évoluer et sécuriser des systèmes d’information complexes. Il intervient aujourd’hui aux côtés de dirigeants qui veulent reprendre la maîtrise de leur stack technique, fiabiliser leur roadmap produit, ou accélérer leur digitalisation sans perdre en agilité.
Chez Scale2Sell, Thibault joue un rôle de traducteur entre les enjeux business et les solutions techniques. Il challenge les prestataires, cadre les décisions structurantes et permet aux dirigeants de garder la main sur les choix technos tout en déléguant sereinement leur mise en œuvre.
Thibault croit profondément que la technologie n’a de valeur que si elle sert la vision de l’entreprise et les usages réels du terrain.
Il vit à Nantes, adore les process bien huilés, les plateformes robustes et… les bateaux à voile, qu’il considère comme les systèmes d’information de la mer : tout doit être fiable, réactif et simple à maintenir en condition réelle.