
La valorisation d’un fleuriste en vue d’une cession repose sur trois réalités : une marge étroite, une saisonnalité forte et une dépendance importante au dirigeant. Pour un repreneur, ces éléments conditionnent la capacité du commerce à générer un cash-flow stable. L’objectif est donc d’anticiper ces enjeux et de présenter une entreprise lisible, standardisée et prévisible.
La demande florale a reculé en 2024, avec 70 % des foyers acheteurs (–3 points) et un budget annuel moyen en baisse. Cette contraction renforce la pression sur les marges et modifie le comportement des acquéreurs : ils privilégient désormais les commerces capables de démontrer une clientèle récurrente, une gestion fine des approvisionnements et une présence digitale solide.
Les achats en ligne progressent et atteignent 12 % des foyers. Les boutiques présentes sur le digital ou affiliées à un réseau national (transmission florale, franchises) montrent de meilleures performances car elles captent une demande moins sensible à l’emplacement.
Les achats représentent le premier poste de charge. Une bonne maîtrise du taux de démarque, de la chaîne du froid et du sourcing local augmente directement la valeur. Un repreneur paye davantage pour une marge stabilisée plutôt que pour un simple chiffre d’affaires élevé.
Les pics (Saint‑Valentin, Fête des Mères, Toussaint) créent des variations de trésorerie importantes. Une entreprise qui montre des ventes régulières hors saison (abonnements, contrats entreprises, événements) obtient un multiple plus élevé.
Dans beaucoup de boutiques, le dirigeant porte l’ensemble du savoir-faire artistique, les achats et la relation client. Cela réduit la valeur car le risque opérationnel est élevé. La formation de l’équipe, la documentation des processus et la stabilisation du personnel réduisent ce risque.
65 % des fleuristes ont un site, environ la moitié un site marchand. Ceux qui génèrent un flux digital prouvable (commandes, leads, visibilité locale) sont nettement mieux valorisés car le chiffre d’affaires devient moins dépendant du passage physique.
Dans le commerce de proximité, les cessions récentes montrent une fourchette moyenne autour de 0,6x à 1x CA selon la stabilité et la localisation.
Pour les boutiques présentant une organisation solide et une marge nette structurée, les multiples tournent autour de 3x à 5x EBITDA.
Un commerce moderne, digitalisé, peu dépendant du dirigeant et maîtrisant son BFR se situe en haut des fourchettes. Un point de vente traditionnel, très artisanal et sensible à l’emplacement se situe plutôt dans le bas de gamme.
La valorisation d’un fleuriste dépend aujourd’hui de trois éléments clés : une marge maîtrisée, une activité moins saisonnière et une organisation qui fonctionne sans le dirigeant. Dans un marché plus concurrentiel et plus digital, préparer sa cession passe par la structuration des processus, la stabilisation de l’équipe et la preuve d’une récurrence commerciale. C’est cette capacité à générer un cash-flow prévisible qui fera la différence lors de la transaction.
Les données 2024‑2025 montrent une contraction de la consommation florale, la montée du digital et un renforcement de la concurrence (GSA, jardineries, e-commerce). Ces évolutions réduisent mécaniquement les marges et rendent la démonstration d’un modèle robuste indispensable pour une cession. Les dirigeants doivent désormais prouver leur capacité à gérer le périssable, digitaliser les ventes et stabiliser la marge pour préserver la valeur.
Elle révèle votre capacité à maîtriser les achats, les pertes et la logistique — premier critère pour un repreneur.
Elle mesure la dépendance au dirigeant, un point majeur dans la valorisation des commerces artisanaux.
Elle indique la résilience : plus le chiffre est lissé, plus le multiple augmente.
Elle détermine votre attractivité : un fleuriste visible et commandable en ligne vaut plus qu’un commerce dépendant du passage physique.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.