Ton business n’est pas scalable tant qu’il dépend de signatures projet

Ton business n’est pas scalable tant qu’il dépend de signatures projet

Ton business n’est pas scalable tant qu’il dépend de signatures projet
January 12, 2026

Dans beaucoup de PME et d’ETI, la croissance repose encore sur un mécanisme simple : signer des projets, un par un, souvent après des semaines de négociation. C’est un modèle rassurant parce qu’il est connu. Mais il limite fortement la capacité de l’entreprise à croître vite, de manière prévisible, et avec une rentabilité stable. Cet article vise à expliquer pourquoi ce fonctionnement freine la scalabilité, et comment un dirigeant peut progressivement sortir de cette dépendance aux signatures individuelles.

Comprendre l’essentiel en quelques mots

Un business est dit « scalable » lorsqu’il peut croître sans augmenter mécaniquement les ressources nécessaires (temps humain, expertise rare, cycles commerciaux longs). Lorsque chaque euro de chiffre d’affaires dépend d’une signature projet — souvent négociée au cas par cas — l’entreprise reste limitée par sa capacité commerciale et opérationnelle.

En résumé : si votre croissance nécessite plus de commerciaux, plus d’experts, plus de temps de négociation et plus de gestion au cas par cas, votre modèle n’est pas scalable. Il est solide, parfois très rentable, mais plafonne mécaniquement.

Ce qu’un dirigeant doit savoir sur le sujet

Beaucoup de dirigeants pensent que la scalabilité est réservée au numérique. C’est faux. Tous les secteurs peuvent augmenter leur capacité de production, réduire la variabilité et sortir d’un modèle « sur-mesure permanent ».

Chez Scale2Sell, nous observons souvent la même situation : des entreprises qui accumulent les commandes, mais sans jamais alléger leur dépendance aux signatures individuelles. Quand le dirigeant s’absente, tout ralentit. Quand un commercial quitte l’entreprise, le pipeline s’effondre. Quand un expert technique est surchargé, les projets se décalent.

Ce que cela traduit, ce n’est pas une faiblesse commerciale, mais une absence de standardisation. Le modèle fonctionne tant qu’il est porté par l’énergie du dirigeant… mais il ne peut pas accélérer.

Les implications concrètes sont nombreuses :

  • La croissance reste imprévisible.
  • La valorisation de l’entreprise est mécaniquement plus basse.
  • L’équipe s’essouffle avec le temps.
  • Les marges sont fragilisées car chaque projet demande un calibrage spécifique.

Les dirigeants sous-estiment souvent l’impact de ces « micro-variations » sur la structure globale. En réalité, un business scalable n’est pas un business automatisé : c’est un business qui réduit le nombre d’exceptions.

Comment analyser votre situation

Voici une méthode simple, utilisable dans n’importe quelle PME.

Étape 1 : Cartographier vos offres
Listez toutes les offres vendues sur les 12 derniers mois. Notez pour chacune : taux de customisation, temps de négociation, temps de production, dépendance à un expert interne.

Étape 2 : Identifier les éléments répétitifs
Dans chaque projet, cherchez les étapes identiques : livrables, process, tâches récurrentes, besoins clients similaires. C’est souvent là que se cache la scalabilité.

Étape 3 : Mesurer la variabilité
Demandez à vos équipes ce qui change d’un projet à l’autre. Vous verrez émerger deux catégories : ce qui varie réellement (besoin client spécifique) et ce qui varie « par habitude », sans raison stratégique.

Étape 4 : Évaluer la dépendance humaine
Pour chaque flux de travail, identifiez la part dépendante du dirigeant ou d’experts rares. Plus cette dépendance est forte, moins votre modèle est scalable.

Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Penser que standardiser signifie perdre en qualité.
    En réalité, cela permet de concentrer l’énergie sur les exceptions réelles plutôt que de tout traiter comme du sur-mesure.
  • Attendre d’avoir « plus de temps » pour structurer.
    La structuration ne vient jamais après la croissance : elle en est la condition.
  • Pousser les équipes à produire plus sans clarifier les méthodes.
    Sans standardisation, la pression augmente mais pas la performance.
  • Confondre expertise et dépendance à un expert.
    Une expertise peut être formalisée ; une dépendance, jamais.
  • Multiplier les offres pour répondre à toutes les demandes.
    Plus une entreprise multiplie les variantes, plus elle ralentit sa propre croissance.

Les bonnes pratiques pour aller plus loin

Étape 1

Créer un « noyau standard » dans vos offres. Même dans les métiers très techniques, 60 à 80 % du travail est souvent répétitif. Formaliser ce noyau permet de fluidifier le commercial, la production et la transmission interne.

Étape 2

Mettre en place une bibliothèque de livrables, check-lists et guides opérationnels. Cela réduit le risque d’erreur, sécurise la qualité et diminue la dépendance aux personnes clés. L’expérience terrain de Scale2Sell montre que cela augmente aussi la capacité d’onboarding.

Étape 3

Transformer les projets en « parcours ». Au lieu de vendre une prestation différente à chaque client, structurez un nombre limité de parcours clairs. Cela améliore la lisibilité, la prévisibilité et la capacité à augmenter le volume sans perdre en qualité. Dans les dossiers que nous accompagnons chez Scale2Sell, cette étape fait souvent bondir la rentabilité.

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À retenir :

Un business dépendant des signatures projet peut être rentable, mais il ne peut pas devenir scalable. Pour franchir un cap, il faut réduire la variabilité, structurer les offres et alléger la dépendance aux talents clés. Les entreprises qui sortent du sur-mesure constant gagnent en prévisibilité, en marge et en valorisation. Elles deviennent aussi beaucoup plus attractives pour un repreneur.

Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète.

Remarques :
En pratique, demandez-vous :  

Question 1

Analyse stratégique : Votre chiffre d’affaires dépend-il de quelques signatures clés ? Une réponse positive révèle une forte vulnérabilité commerciale et une dépendance au dirigeant ou à quelques profils experts.

Question 2

Analyse stratégique : Combien de vos projets nécessitent du sur-mesure ? Plus la personnalisation est systématique, plus l’entreprise plafonne en capacité de croissance.

Question 3

Analyse stratégique : Que se passe-t-il si un expert clé ou un commercial senior s’absente ? Si la production ou les ventes ralentissent, votre modèle n’est pas encore standardisé.

Question 4

Analyse stratégique : Avez-vous formalisé un parcours client ou un processus standard ? L’absence de documentation révèle un risque opérationnel et une faible scalabilité interne.

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François Joseph Viallon
François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

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