EBITDA vs EBE : comprendre les différences

EBITDA vs EBE : comprendre les différences
November 26, 2025

Les dirigeants entendent souvent parler d’EBITDA et d’EBE, sans toujours savoir distinguer ces deux indicateurs. Pourtant, ils servent tous les deux à mesurer la performance opérationnelle d’une entreprise… mais pas de la même manière. Comprendre la différence entre EBITDA et EBE permet de mieux piloter sa rentabilité, de prendre de meilleures décisions d’investissement et d’anticiper les attentes d’un futur acquéreur. L’objectif de cet article est d’expliquer ces notions de manière simple, concrète et utile.

Comprendre l’essentiel en quelques mots

L’EBE (Excédent Brut d’Exploitation) est un indicateur purement comptable français. Il mesure la performance économique de l’entreprise avant les politiques d’investissement, de financement et les charges non récurrentes.

L’EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization) est son équivalent anglo-saxon, très utilisé dans les opérations de financement et de cession.

La différence majeure : l’EBE se base strictement sur le plan comptable français, tandis que l’EBITDA réintègre en plus certaines charges comptables (comme les provisions) pour donner une vision plus « économique » et plus comparable entre entreprises.

Ce qu’un dirigeant doit savoir sur le sujet

Pour une PME ou une ETI, EBE et EBITDA peuvent diverger nettement. Cette différence provient principalement des retraitements. Par exemple, une entreprise avec beaucoup de provisions pour risques aura un EBITDA plus élevé que son EBE. À l’inverse, une société bénéficiant de subventions d’exploitation peut afficher un EBE gonflé par rapport à son EBITDA.

Chez Scale2Sell, nous observons souvent que les dirigeants utilisent l’un ou l’autre indicateur sans comprendre leur logique. Pourtant, le choix de l’indicateur influence les décisions : négociation bancaire, stratégie de pricing, arbitrages d’investissements ou encore discussions lors d’une cession.

Un dirigeant doit retenir une idée simple : l’EBE reflète la mécanique comptable de l’exploitation, l’EBITDA reflète une performance économique plus « internationale ». Dans un contexte de vente, d’audit ou d’ouverture du capital, c’est l’EBITDA qui sera presque toujours utilisé.

Par exemple, une PME industrielle que nous avons accompagnée avait un EBE légèrement inférieur à son EBITDA. L’écart venait de provisions récurrentes pour maintenance lourde. Les banques discutaient sur la base de l’EBE, tandis que les investisseurs utilisaient l’EBITDA. Le dirigeant ne comprenait pas pourquoi les valorisations divergeaient. Une fois les indicateurs clarifiés, il a pu structurer sa communication financière et gagner en crédibilité.

Comment analyser votre situation

Voici une méthode simple pour clarifier l’usage de l’EBITDA et de l’EBE dans votre entreprise :

  • Étape 1 : Identifier vos besoins
    Si vous pilotez votre exploitation au quotidien, l’EBE est souvent suffisant. Si vous préparez une cession, une levée de dette ou une ouverture du capital, l’EBITDA est plus pertinent.
  • Étape 2 : Comprendre vos retraitements
    Listez les éléments qui créent un écart entre les deux indicateurs : provisions, subventions, éléments non récurrents. Cela vous permettra de comprendre comment votre performance est interprétée par les tiers.
  • Étape 3 : Analyser la cohérence dans le temps
    Comparez l’évolution de vos deux indicateurs sur 3 à 5 ans. De gros écarts sur certaines années traduisent souvent un événement opérationnel à expliquer.
  • Étape 4 : Construire un indicateur de pilotage cohérent
    Certains dirigeants pilotent avec un EBITDA retraité (EBITDA normatif). Cette pratique est simple et permet de lisser les anomalies. Elle évite aussi de surinterpréter une année atypique.

Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Confondre EBITDA et trésorerie
    Ces indicateurs ne mesurent pas les flux de cash. Ils ne prennent pas en compte les impayés, les stocks ou le niveau d’investissement.
  • Utiliser uniquement l’EBE dans un contexte de cession
    L’acquéreur raisonne presque toujours en EBITDA. Ne pas anticiper cette approche crée un décalage et des incompréhensions.
  • Négliger l’analyse des provisions
    Beaucoup de PME les considèrent comme des charges « comptables ». Elles ont pourtant un impact réel sur l’écart entre EBE et EBITDA.
  • Comparer son EBE à l’EBITDA d’autres entreprises
    Comparer deux indicateurs différents fausse totalement la lecture de la performance.
  • Ignorer les éléments non récurrents
    Un litige exceptionnel ou une subvention ponctuelle peut fausser l’analyse si l’on ne les isole pas.

Les bonnes pratiques pour aller plus loin

Étape 1 : Choisir un indicateur « officiel »

Il est utile de définir un indicateur principal, celui que vous utiliserez dans vos rapports internes, vos échanges bancaires et vos discussions stratégiques. Cela évite la confusion et donne une ligne directrice claire.

Étape 2 : Documenter vos retraitements

Expliquez pourquoi vous ajoutez ou retirez certains postes pour calculer l’EBITDA. Dans les dossiers que nous accompagnons chez Scale2Sell, cette transparence renforce la confiance et clarifie la lecture financière.

Étape 3 : Construire des scénarios

Projetez votre EBITDA et votre EBE sur les 3 prochaines années. Cela permet d’anticiper les besoins financiers, les marges de manœuvre et la trajectoire de valeur. L’expérience terrain de Scale2Sell montre qu’une vision comparative favorise des décisions plus robustes.

À retenir :

EBITDA et EBE sont deux indicateurs proches mais loin d’être interchangeables. L’un est ancré dans la comptabilité française, l’autre dans les standards internationaux. Comprendre leurs différences aide le dirigeant à piloter sa performance, à dialoguer avec ses partenaires financiers et à préparer sereinement une éventuelle transmission. Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète.

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François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

Sandrine
Montel
Partner Finance

Sandrine Montel est Partner Finance chez Scale2Sell. Elle accompagne les dirigeants dans la structuration de leur pilotage financier, la maîtrise de leur rentabilité et la préparation aux grandes étapes de transformation : accélération de la croissance, levée de fonds ou cession.

Avec plus de 20 ans d’expérience en direction financière dans des PME et ETI, Sandrine combine une approche stratégique, une capacité d’analyse pointue et une forte orientation terrain. Elle a accompagné de nombreuses entreprises dans la mise en place d’outils de gestion performants, le dialogue avec les investisseurs, ou encore la sécurisation de leur trésorerie dans des phases critiques.

Chez Scale2Sell, elle agit comme un véritable bras droit financier des dirigeants, en les aidant à prendre des décisions éclairées, fiables et tournées vers la création de valeur.

Sandrine croit profondément que la rigueur financière n’est pas une contrainte, mais un moteur de sérénité et d’impact pour les dirigeants.

Elle vit entre Lyon et Bordeaux, et partage son énergie entre ses missions de conseil, l’accompagnement de jeunes talents de la finance… et son potager bio, qu’elle cultive avec autant de méthode que ses plans de trésorerie.

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