La grande fatigue des PME : pourquoi 2025–2028 sera la décennie des transmissions précipitées (et comment ne pas en faire partie)

La grande fatigue des PME : pourquoi 2025–2028 sera la décennie des transmissions précipitées (et comment ne pas en faire partie)
November 27, 2025

Depuis quelques mois, un phénomène silencieux traverse les PME françaises. Des dirigeants solides, expérimentés, respectés… commencent à décrocher. Pas parce qu’ils manquent de clients. Pas parce que leur marché s’effondre. Mais parce qu’ils n’ont plus l’énergie — ni l’envie — de porter seuls un modèle devenu trop dépendant d’eux.

Chez Scale2Sell, on voit monter cette vague : des entreprises belles, rentables, mais dont les dirigeants arrivent au bout. Et quand la fatigue rencontre une conjoncture instable, un risque apparaît : vendre trop tard… ou vendre dans de mauvaises conditions.

2025–2028 sera une période clé. Les repreneurs se réorganisent, les fonds raffinent leurs critères, et les dirigeants doivent décider : subir le marché ou reprendre la main.

Ce que personne ne dit vraiment sur la grande fatigue des dirigeants

La plupart des dirigeants ne s’effondrent pas du jour au lendemain. Ils s’usent par petites couches : un client stratégique en plus, un recrutement critique en moins, un reporting à refaire, une crise à gérer en urgence. Et cette accumulation crée un effet pervers : la charge augmente… et la transmissibilité diminue.

Cas typique : une PME de 80 salariés, profitable, reconnue dans son secteur. Le dirigeant tient tout — la vision, les grands comptes, les arbitrages de marge, la communication interne. L’entreprise tourne… mais seulement parce qu’il est là. Un acquéreur voit ça immédiatement : risque élevé, dépendance forte, transition délicate. Résultat : valorisation en baisse et deal qui patine.

Cette fatigue n’est pas un signe de faiblesse. C’est un indicateur stratégique.

Les dynamiques de marché et les signaux à ne pas ignorer

Entre 2025 et 2028, le marché des transmissions va se durcir :

  • Les repreneurs individuels seront plus sélectifs : leur capacité d’endettement reste sous pression, ils privilégient les entreprises autonomes et lisibles.
  • Les fonds consolident leurs secteurs : ils veulent des plateformes structurées, pas des organisations dépendantes d’une seule personne.
  • Les taux stabilisés autour de niveaux élevés rendent les deals plus exigeants : chaque point de risque est surpondéré.

Un chiffre à retenir : en 2024, plus de 37 % des dossiers examinés par des acquéreurs ont été refusés pour « dépendance excessive au dirigeant ». La tendance continue. Et ce chiffre monte à plus de 50 % dans l’industrie ou les services B2B complexes.

Autrement dit : la fatigue n’est plus un problème personnel. C’est un problème de marché.

Les erreurs fréquentes des dirigeants (et leurs conséquences)

Voici les pièges les plus courants :

1. Attendre « d’avoir le temps » pour structurer

Conséquence : on ne l’a jamais. Les urgences mangent les priorités, et la transmissibilité recule. La valeur aussi.

2. Croire que la fatigue n’est qu’un passage

En général, elle dure. Et plus le dirigeant tient seul, plus le risque perçu augmente aux yeux des acquéreurs.

3. Penser qu’on pourra expliquer l’organisation « le moment venu »

Un acquéreur ne fait confiance qu’à ce qui est documenté, visible, reproductible. Pas aux discours.

4. Sous-estimer le besoin de relais internes

Une entreprise sans seconds couteaux identifiés fait fuir. Ou rallonge la période d’accompagnement post-cession à des niveaux inacceptables.

5. Préparer la cession… seulement quand on veut vendre

C’est souvent trop tard. Les deals rapides existent, mais pas pour les entreprises non structurées.

Ce que doit faire un dirigeant lucide pour reprendre la main

Se regarder comme un acquéreur

Un dirigeant lucide commence par changer de lunettes : il regarde son entreprise comme un acheteur le ferait. Quels sont les points de dépendance ? Quels risques sont rédhibitoires ? Quels éléments rassurent immédiatement ? Chez Scale2Sell, c’est souvent le premier déclic : voir objectivement ce qu’un acquéreur voit — pas ce qu’on croit montrer.

Structurer pour réduire la dépendance à sa personne

Concrètement :

  • Documenter les 6 à 10 processus clés (vente, production, RH, pilotage des marges…).
  • Identifier 2 ou 3 personnes capables de prendre le relais sur les décisions majeures.
  • Formaliser les arbitrages qui étaient jusque-là implicites.
  • Mettre en place un pilotage simple mais robuste (indicateurs, rituels, reporting court).

L’expérience montre qu’en 6 à 12 mois, une structure peut devenir nettement plus lisible. Et en 24 mois, véritablement transmissible.

Préparer la fenêtre de cession / reprise (1 à 3 ans)

Une bonne préparation repose sur trois axes :

  • Stratégique : clarifier le cap, réduire les activités parasites, renforcer le cœur rentable.
  • Opérationnel : sécuriser les clients clés, fiabiliser les marges, stabiliser l’équipe.
  • Financier : nettoyer les comptes, structurer les données, objectiver les projections.

Une fenêtre de 18 à 36 mois est idéale pour transformer un actif fragile en entreprise désirable.

Le point de bascule : comment savoir que le moment est venu

Cinq signaux concrets :

  • Vous êtes devenu le goulot d’étranglement sans vous en rendre compte (ou en le voyant trop tard).
  • Vos meilleurs cadres vous sollicitent pour des décisions secondaires — preuve que les règles ne sont pas claires.
  • Vous sentez que le marché s’accélère mais que vous n’avez plus l’énergie d’investir le prochain cycle.
  • Vous commencez à fantasmer la sortie… mais sans plan concret.
  • Vous savez que l’entreprise vaut plus aujourd’hui que dans 3 ans si rien ne change.

Le bon moment n’est jamais parfait. Il est aligné : entreprise prête, marché favorable, dirigeant clair dans ses intentions. C’est cet alignement qu’il faut rechercher.

À retenir :

La fatigue du dirigeant n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un signal stratégique fort, surtout dans un marché où les acquéreurs deviennent plus exigeants et les cycles plus rapides. Une PME peut être solide, rentable, appréciée… et pourtant difficile à transmettre si elle repose trop sur son dirigeant.

La clé n’est pas de tenir plus fort. C’est de structurer plus intelligemment.

Parce qu’une entreprise a de la valeur quand elle peut fonctionner sans son dirigeant… pas quand elle fonctionne grâce à lui.

Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs.

Allez plus loin, échangez avec un partner !

François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

Sandrine
Montel
Partner Finance

Sandrine Montel est Partner Finance chez Scale2Sell. Elle accompagne les dirigeants dans la structuration de leur pilotage financier, la maîtrise de leur rentabilité et la préparation aux grandes étapes de transformation : accélération de la croissance, levée de fonds ou cession.

Avec plus de 20 ans d’expérience en direction financière dans des PME et ETI, Sandrine combine une approche stratégique, une capacité d’analyse pointue et une forte orientation terrain. Elle a accompagné de nombreuses entreprises dans la mise en place d’outils de gestion performants, le dialogue avec les investisseurs, ou encore la sécurisation de leur trésorerie dans des phases critiques.

Chez Scale2Sell, elle agit comme un véritable bras droit financier des dirigeants, en les aidant à prendre des décisions éclairées, fiables et tournées vers la création de valeur.

Sandrine croit profondément que la rigueur financière n’est pas une contrainte, mais un moteur de sérénité et d’impact pour les dirigeants.

Elle vit entre Lyon et Bordeaux, et partage son énergie entre ses missions de conseil, l’accompagnement de jeunes talents de la finance… et son potager bio, qu’elle cultive avec autant de méthode que ses plans de trésorerie.

Coraline
Thieller
Partner Délégation

Coraline Thieller est partenaire chez Scale2Sell, où elle pilote la mise en place et l’organisation de l’assistanat au sein des entreprises accompagnées.Spécialiste des opérations et de la structuration des fonctions support, elle aide les dirigeants à déléguer efficacement, à fluidifier leur quotidien et à se recentrer sur leur rôle stratégique.

Avant de rejoindre Scale2Sell, Coraline a accompagné de nombreuses startups et PME dans leur structuration interne, en s’appuyant sur une approche à la fois humaine, pragmatique et orientée résultats.

Réactive, bienveillante et ultra opérationnelle, Coraline est la garante d’une assistante qui devient un vrai levier de performance.

Maman de 2 garçons de 15 et 5 ans, Coraline est basée à Aix en Provence

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