
Janvier 2025. Un dirigeant de PME industrielle reçoit trois appels en deux semaines. Un fonds régional, un concurrent allemand, puis un repreneur individuel. Tous posent la même question : « Êtes-vous ouvert à discuter ? ». Rien d’hasard. Depuis un an, le marché s’accélère. Les groupes rachètent pour consolider, les fonds cherchent des plateformes, et les repreneurs individuels se heurtent à une pénurie de cibles vraiment transmissibles. Et au milieu : des dirigeants qui n’avaient pas prévu que le « timing de marché » pouvait s’imposer à eux.
Chez Scale2Sell, nous voyons cette dynamique à travers les secteurs que nous accompagnons : conseil, e-commerce , services B2B, DNVB , industrie légère. La consolidation n’est plus un concept macro. C’est une réalité opérationnelle. Et ceux qui ne s’y préparent pas risquent de sortir du jeu — ou de céder en urgence, mal valorisés.
La consolidation donne l’impression d’un mouvement lisse : des acheteurs rationnels, des vendeurs organisés, un marché logique. La réalité est beaucoup plus brutale. Dans de nombreux secteurs, les entreprises se retrouvent en situation de faiblesse non pas parce qu’elles sont moins performantes, mais parce qu’elles sont moins lisibles. Dans le conseil par exemple, un cabinet trop dépendant de son fondateur devient impossible à reprendre . Dans le e-commerce, des process logistiques ou d’acquisition non modélisés créent une fragilité immédiate aux yeux d’un repreneur . Et dans l’industrie, une organisation non documentée ou un management encore centralisé autour du dirigeant devient un vrai frein. La consolidation ne punit pas les faibles. Elle punit les entreprises floues.
Entre 2025 et 2029, trois moteurs vont accélérer le mouvement :
1. Le départ à la retraite de près de 30 % des dirigeants de PME, créant un afflux de cessions. 2. Les acquisitions stratégiques dans les services, le digital et l’industrie légère (multiples attractifs, intégration simple, synergies rapides). 3. L’exigence accrue des acquéreurs : ils veulent des entreprises compréhensibles, processées, autonomes — et ils écartent de plus en plus vite les dossiers mal préparés, comme nous l’observons dans les DNVB ou les PME B2B trop dépendantes du fondateur .
Un chiffre marquant : selon les données du marché 2024, près de 40 % des deals initiés ne vont pas au bout, non pas pour des raisons financières mais structurelles (manque de process, dépendance au dirigeant, opacity des performances). Et dans les secteurs à forte concurrence acquéreur, les décisions se prennent très vite. L’enjeu n’est plus d’être bon. C’est d’être lisible.
Erreur 1 : Attendre « d’être prêt ». Conséquence : on se retrouve approché trop tôt et on négocie en position de faiblesse.
Erreur 2 : Croire que les chiffres parleront d’eux-mêmes. Une entreprise rentable peut ne trouver aucun acquéreur si son fonctionnement est flou ou trop dépendant du dirigeant .
Erreur 3 : Sous-estimer la vitesse du marché. Certains dirigeants s’imaginent avoir plusieurs années devant eux. La consolidation ne prévient pas : elle arrive.
Erreur 4 : Penser que « structurer, on verra quand on voudra vendre ». C’est trop tard. La structure se construit 18 à 36 mois avant.
Erreur 5 : Gérer les approches acquéreurs en mode improvisé. Cela dégrade l’image, génère des signaux faibles négatifs, et peut faire fuir les acheteurs sérieux.
Un dirigeant lucide commence par examiner son entreprise à travers les critères de ceux qui pourraient la racheter : autonomie des équipes, process documentés, lisibilité financière, dépendance commerciale, scalabilité. C’est ce que nous observons dans toutes les PME où Scale2Sell intervient : la grille de lecture acquéreur change tout. Dans une DNVB ou un cabinet de conseil, ce qu’un fondateur perçoit comme « son savoir-faire » est souvent vu comme « un risque opérationnel » par un repreneur .
C’est le point commun entre tous les dossiers bien valorisés : l’entreprise fonctionne sans la présence du dirigeant. Cela passe par : déléguer réellement les décisions clés, formaliser les process (commercial, production, finance, RH), clarifier les rôles et responsabilités, documenter le modèle économique. Dans les e-commerces et DNVB, l’absence de modélisation de l’acquisition, du SAV ou de la logistique devient un signal rouge instantané pour les acquéreurs .
Une cession réussie se prépare sur 12 à 36 mois, jamais moins. Trois axes : sécuriser les fondamentaux (marges, churn, dépendances), documenter le fonctionnement (indicateurs, process, organisation), professionnaliser la gouvernance (rituels, tableaux de bord, reporting). Les dirigeants qui anticipent créent de la valeur avant même de vendre.
Signal 1 : Le marché devient plus exigeant, et vos concurrents commencent à se structurer. Signal 2 : Vous recevez des approches spontanées — signe que votre secteur entre en consolidation. Signal 3 : Votre rôle devient un goulot d’étranglement, comme on le constate souvent dans les PME en croissance . Signal 4 : Vos process sont tacites : l’entreprise tourne, mais seulement parce que vous veillez. Signal 5 : Vous sentez que votre énergie n’est plus la même — un classique dans les moments de transition stratégique ou personnelle.
Dans tous les cas, le bon moment n’est pas seulement un chiffre ou une offre. C’est un alignement subtil entre : la maturité de l’entreprise, la dynamique du marché, votre disponibilité personnelle et mentale. Les dirigeants qui réussissent leurs cessions sont ceux qui prennent ce point de bascule au sérieux et l’anticipent avant qu’il ne s’impose à eux.
La consolidation 2025–2029 ne sera pas une simple tendance : ce sera une redistribution des cartes. Les entreprises structurées, lisibles et autonomes deviendront des cibles premium. Les autres risquent d’être marginalisées ou forcées à se vendre dans l’urgence. La clé n’est donc pas de résister à la consolidation, mais d’y entrer en position de force.
Comme j’aime le dire aux dirigeants que j’accompagne : « On ne choisit pas toujours le moment où le marché frappe à la porte. Mais on choisit dans quel état on lui ouvre. »
Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs.

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.