Comment calculer mon point mort ?

Comment calculer mon point mort ?
November 29, 2025

Calculer le point mort est l’un des réflexes essentiels pour piloter une PME ou une ETI. Beaucoup de dirigeants en entendent parler sans jamais vraiment l’utiliser. Pourtant, c’est un indicateur simple, puissant et indispensable pour savoir à partir de quel niveau d’activité votre entreprise commence réellement à gagner de l’argent. Cet article vous explique clairement ce qu’est le point mort, pourquoi il est vital et comment le calculer sans jargon technique.

Comprendre l’essentiel en quelques mots

Le point mort correspond au moment où votre entreprise a couvert toutes ses charges. Pas de perte, pas encore de bénéfice : simplement l’équilibre. On l’appelle parfois « seuil de rentabilité ».

Pour y arriver, il faut comprendre deux notions :

  • Les charges fixes : elles ne bougent pas si vous vendez plus ou moins (loyers, salaires permanents, assurances…).
  • Les charges variables : elles dépendent directement de votre niveau d’activité (matières premières, sous-traitance liée à la production, commissions…).

Le point mort est donc le volume de chiffre d’affaires (ou de ventes) nécessaire pour couvrir ces deux catégories de charges.

Ce qu’un dirigeant doit savoir sur le sujet

Beaucoup de dirigeants confondent encore le chiffre d’affaires avec la rentabilité. Pourtant, une entreprise peut très bien croître… tout en perdant de l’argent. Le point mort permet de visualiser le niveau à atteindre pour que chaque euro supplémentaire devienne un euro réellement contributif.

Dans les missions que nous menons chez Scale2Sell, nous observons souvent deux choses :

  • Les dirigeants surestiment leur marge réelle.
  • Ils sous-estiment le poids des charges fixes et leur inertie.

Le point mort permet de mettre ces éléments à plat. Pour une PME, c’est un excellent outil d’aide à la décision : fixer un objectif commercial réaliste, dimensionner une équipe, anticiper un investissement ou comprendre si un modèle économique est soutenable.

Un exemple concret : une entreprise de bâtiment que nous avons accompagnée pensait être rentable à partir de 250 000 € de chiffre d’affaires annuel. Après analyse, son point mort réel était à 320 000 €. L’écart venait d’une mauvaise estimation des charges indirectes et d’un taux de marge sur les chantiers plus faible que prévu. Comprendre le bon point mort a permis de redimensionner l’activité et de clarifier la stratégie.

Comment analyser votre situation

Voici une méthode simple, en quatre étapes, pour calculer correctement votre point mort.

Étape 1 : Identifiez vos charges fixes annuelles

Regroupez toutes les dépenses qui ne varient pas avec votre niveau d’activité : loyers, salaires permanents, abonnements, assurances, amortissements, logiciels, véhicules en LLD… L’objectif est d’obtenir un montant annuel total.

Étape 2 : Calculez votre taux de marge sur coûts variables

Le taux de marge sur coûts variables correspond à la part de votre chiffre d’affaires qui reste disponible pour couvrir les charges fixes une fois que vous avez payé toutes les charges variables.

Formule : (Chiffre d’affaires – Charges variables) ÷ Chiffre d’affaires.

Si vous vendez un produit 100 € et que 40 € correspondent à des coûts variables, votre marge sur coûts variables est de 60 €, soit 60 %.

Étape 3 : Calculez le seuil de rentabilité

Appliquez la formule suivante :

Seuil de rentabilité = Charges fixes ÷ Taux de marge sur coûts variables.

Si vos charges fixes sont de 500 000 € et que votre taux de marge sur coûts variables est de 40 %, votre point mort est :

500 000 € ÷ 0,40 = 1 250 000 €

Autrement dit, vous devez réaliser 1,25 M€ de chiffre d’affaires avant de commencer à générer un bénéfice.

Étape 4 : Transformez le point mort en temps

Pour piloter au quotidien, il est utile de savoir quand, dans l’année, vous atteignez le point mort.

Formule : (Seuil de rentabilité ÷ Chiffre d’affaires annuel prévu) × 12 mois

Si votre objectif annuel est de 2 M€ et que votre seuil de rentabilité est de 1,25 M€, vous atteignez votre point mort au bout d’environ 7,5 mois.

Ce calcul simple apporte une vision concrète : les premiers mois servent à payer l’entreprise, les suivants servent à créer de la valeur.

Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Erreur 1 : Ne pas distinguer charges fixes et variables. Mélanger les deux rend le calcul du point mort impossible ou trompeur. Il faut classifier chaque dépense avec rigueur.
  • Erreur 2 : Sous-estimer les charges indirectes. Par exemple les frais généraux, le support, l’administratif. Ils pèsent souvent davantage que prévu.
  • Erreur 3 : Utiliser un taux de marge théorique et non réel. Le taux de marge doit être issu des opérations, pas d’une hypothèse commerciale optimiste.
  • Erreur 4 : Oublier les variations saisonnières. Certaines activités ont des pics et des creux : si vous lissez tout, votre point mort peut devenir trompeur.
  • Erreur 5 : Se contenter d’un calcul annuel. Le point mort doit être revisité régulièrement, car les charges et les prix évoluent.

Les bonnes pratiques pour aller plus loin

Étape 1 : Mettre à jour votre point mort chaque trimestre

Les coûts bougent, le marché évolue, les marges changent. Mettre à jour votre calcul vous permet d’ajuster vos objectifs commerciaux et vos décisions d’investissement.

Étape 2 : Simuler plusieurs scénarios

Dans les dossiers que nous accompagnons chez Scale2Sell, nous construisons toujours trois versions : un scénario prudent, un scénario médian et un scénario ambitieux. Cela permet de visualiser à quel moment l’entreprise devient rentable selon différentes hypothèses.

Étape 3 : Analyser l’impact d’une hausse ou baisse des prix

Beaucoup de dirigeants sous-estiment l’effet d’un ajustement tarifaire. Une hausse de prix de 3 % peut réduire le point mort de manière significative sans changer votre capacité de production. L’expérience terrain de Scale2Sell montre que de petites hausses tarifaires, bien justifiées, améliorent souvent plus la rentabilité qu’un surcroît d’activité.

À retenir :

Le point mort n’est pas un calcul réservé aux experts financiers. C’est un outil simple que tout dirigeant peut utiliser pour piloter son entreprise, clarifier ses objectifs et sécuriser sa rentabilité. Retenez l’essentiel : connaître vos charges fixes, comprendre votre marge réelle et suivre ces chiffres régulièrement. Ce sont des fondations solides pour toute stratégie de croissance, de structuration ou de valorisation. Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète

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François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

Sandrine
Montel
Partner Finance

Sandrine Montel est Partner Finance chez Scale2Sell. Elle accompagne les dirigeants dans la structuration de leur pilotage financier, la maîtrise de leur rentabilité et la préparation aux grandes étapes de transformation : accélération de la croissance, levée de fonds ou cession.

Avec plus de 20 ans d’expérience en direction financière dans des PME et ETI, Sandrine combine une approche stratégique, une capacité d’analyse pointue et une forte orientation terrain. Elle a accompagné de nombreuses entreprises dans la mise en place d’outils de gestion performants, le dialogue avec les investisseurs, ou encore la sécurisation de leur trésorerie dans des phases critiques.

Chez Scale2Sell, elle agit comme un véritable bras droit financier des dirigeants, en les aidant à prendre des décisions éclairées, fiables et tournées vers la création de valeur.

Sandrine croit profondément que la rigueur financière n’est pas une contrainte, mais un moteur de sérénité et d’impact pour les dirigeants.

Elle vit entre Lyon et Bordeaux, et partage son énergie entre ses missions de conseil, l’accompagnement de jeunes talents de la finance… et son potager bio, qu’elle cultive avec autant de méthode que ses plans de trésorerie.

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