Comment fidéliser les managers pendant les 3 ans avant une cession

Comment fidéliser les managers pendant les 3 ans avant une cession

Comment fidéliser les managers pendant les 3 ans avant une cession
January 17, 2026

Fidéliser les managers pendant les trois années qui précèdent une cession est un enjeu stratégique majeur. C’est une période sensible : tout doit fonctionner sans rupture, le management doit rester engagé, et l’entreprise doit continuer à croître alors même que le dirigeant prépare progressivement son retrait. Comprendre comment sécuriser cette phase est essentiel pour éviter les départs, maintenir la dynamique interne et préserver la valorisation finale.

L’objectif de cet article est d’expliquer simplement les leviers à activer, les pièges à éviter et la manière d’adapter ces pratiques à la réalité d’une PME ou d’une ETI.

Comprendre l’essentiel en quelques mots

La fidélisation des managers, avant une cession, consiste à garantir que l’équipe de direction reste motivée et impliquée jusqu’au closing. Ce n’est pas qu’une question de primes ou de contrats : c’est souvent une combinaison d’enjeux financiers, humains et opérationnels.

Trois notions clés suffisent à comprendre le sujet :

  • la visibilité : les managers doivent comprendre ce qui se passe, sans entrer dans les détails confidentiels ;
  • l’alignement : ils doivent percevoir que la réussite de la cession est aussi leur réussite ;
  • la stabilité : les rôles doivent être clairs, les perspectives rassurantes, l’organisation solide.

Ce qu’un dirigeant doit savoir sur le sujet

Dans les PME, les managers jouent un rôle plus large que dans les grands groupes. Ils compensent souvent l’absence de certaines fonctions, absorbent les urgences, protègent le dirigeant et incarnent la culture maison. Leur départ juste avant une cession peut fragiliser le deal, voire le faire chuter.

Chez Scale2Sell, nous observons souvent que la fidélisation ne dépend pas seulement d’un plan d’incentive, mais d’un climat global : cohérence stratégique, sentiment d’être utile, reconnaissance, trajectoires de carrière crédibles.

Quelques implications concrètes :

  • Un manager mal informé interprète souvent mal les signaux et peut partir au pire moment.
  • Un bonus de court terme ne suffit pas si la charge mentale ou l’incertitude deviennent trop élevées.
  • Un acquéreur évaluera systématiquement la solidité du management pour estimer le risque post-acquisition.

Dans les dossiers que nous accompagnons chez Scale2Sell, les entreprises qui réussissent leur cession sont presque toujours celles dont le management est sécurisé au moins deux ans avant le processus formel.

Comment analyser votre situation

Voici une méthode simple pour comprendre où vous en êtes :

Étape 1 : Évaluez le niveau d’adhésion réel des managers

Posez-vous la question : sont-ils engagés ou simplement présents ? Observez la proactivité, la prise de responsabilité, les signaux de fatigue ou de distance.

Étape 2 : Identifiez les irritants internes

Dans une PME, ce sont souvent de petits blocages répétés : manque d’outils, surcharge opérationnelle, zones grises dans les missions, décisions tardives.

Étape 3 : Clarifiez la trajectoire des trois prochaines années

Un manager reste s’il comprend la feuille de route, s’il voit sa place dans cette feuille de route et s’il perçoit que son travail compte.

Étape 4 : Cartographiez les risques de départ

Évaluez la sensibilité de chaque poste : si cette personne part demain, quel est l’impact sur l’exploitation ? Sur la relation client ? Sur la perception des acquéreurs ?

Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Erreur 1 : Attendre la fin pour parler des plans d’incentive. Beaucoup de dirigeants annoncent les choses trop tard, ce qui crée des doutes et des interprétations erronées.
  • Erreur 2 : Garder le silence total sur le projet. L’absence d’informations est le meilleur moyen de créer de l’incertitude, et donc des départs.
  • Erreur 3 : Surcharger les managers pendant la phase préparatoire. Ils doivent absorber les projets de structuration tout en continuant l’opérationnel. Sans soutien, la fatigue s’installe.
  • Erreur 4 : Promettre sans formaliser. Une promesse verbale d’intéressement perd toute valeur si elle n’est pas cadrée juridiquement.
  • Erreur 5 : Croire que seul l’argent fidélise. Les PME reposent énormément sur le sens, la reconnaissance et la qualité de la relation direction–managers.

Les bonnes pratiques pour aller plus loin

Étape 1 : Mettre en place un incentive clair et réaliste

Cela peut passer par un bonus de rétention, un plan d’intéressement lié au closing, ou une prime étalée sur plusieurs années. L’important est la transparence : comment, quand et pourquoi sera-t-il versé ?

Étape 2 : Donner de la visibilité sur le projet sans dévoiler l’ensemble

Il ne s’agit pas de communiquer le prix ou le nom des candidats. Mais partager le « pourquoi » (pérennité, croissance, transmission progressive) réduit fortement les inquiétudes.

Étape 3 : Renforcer l’organisation pour réduire la charge mentale

Un manager reste s’il se sent soutenu. Cela peut passer par l’arrivée d’un contrôleur de gestion, la clarification de certains rôles, ou l’intégration d’outils qui réduisent les tâches répétitives. L’expérience terrain de Scale2Sell montre que ces ajustements opérationnels rassurent plus qu’une prime ponctuelle.

En combinant reconnaissance, structuration et incentives, vous augmentez fortement la probabilité que votre équipe de management reste mobilisée jusqu'à la cession — et même après. Chez Scale2Sell, nous aidons souvent les dirigeants à calibrer ces mécanismes pour qu’ils restent simples, adaptés et crédibles.

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À retenir :

Fidéliser ses managers avant une cession n’est pas un exercice théorique : c’est un équilibre entre transparence, reconnaissance, organisation et incitations financières. Les dirigeants qui réussissent sont ceux qui anticipent, clarifient les rôles, réduisent les incertitudes et donnent une vraie place au management dans le projet de transmission. Les trois années qui précèdent une cession sont une période décisive pour stabiliser l’équipe, rassurer l’acquéreur et fluidifier le processus.

Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète.

Remarques :
En pratique, demandez-vous :  

Question 1

Analyse stratégique : Votre équipe de managers comprend-elle clairement la feuille de route à trois ans ? Une réponse floue révèle un risque de démobilisation et un manque d'alignement stratégique.

Question 2

Analyse stratégique : Avez-vous identifié les postes clés dont le départ mettrait en danger la cession ? Si ce n’est pas le cas, l’entreprise manque probablement de structuration ou de plans de contingence.

Question 3

Analyse stratégique : Vos mécanismes d’incentive sont-ils formalisés et compréhensibles ? Des accords informels ou tardifs sont souvent le signe d’une gouvernance fragile.

Question 4

Analyse stratégique : Les managers expriment-ils des irritants opérationnels non résolus ? Leur présence montre une organisation sous pression, susceptible d’inquiéter un acquéreur.

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François Joseph Viallon
François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

Coraline Thieller
Coraline
Thieller
Partner Délégation

Coraline Thieller est partenaire chez Scale2Sell, où elle pilote la mise en place et l’organisation de l’assistanat au sein des entreprises accompagnées.Spécialiste des opérations et de la structuration des fonctions support, elle aide les dirigeants à déléguer efficacement, à fluidifier leur quotidien et à se recentrer sur leur rôle stratégique.

Avant de rejoindre Scale2Sell, Coraline a accompagné de nombreuses startups et PME dans leur structuration interne, en s’appuyant sur une approche à la fois humaine, pragmatique et orientée résultats.

Réactive, bienveillante et ultra opérationnelle, Coraline est la garante d’une assistante qui devient un vrai levier de performance.

Maman de 2 garçons de 15 et 5 ans, Coraline est basée à Aix en Provence

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