Comment protéger la propriété intellectuelle avant une cession

Comment protéger la propriété intellectuelle avant une cession

Comment protéger la propriété intellectuelle avant une cession
January 22, 2026

Protéger la propriété intellectuelle avant une cession est un enjeu souvent sous-estimé par les dirigeants de PME et d’ETI. Pourtant, ce capital immatériel fait partie des premiers éléments analysés par un acquéreur : logiciels, marques, bases de données, processus internes, savoir-faire… Tout ce qui n’est pas correctement protégé réduit mécaniquement la valeur de l’entreprise et augmente la perception du risque. L’objectif de cet article est d’expliquer simplement les points essentiels pour sécuriser votre propriété intellectuelle et préparer une cession dans de bonnes conditions.

Comprendre l’essentiel en quelques mots

La propriété intellectuelle désigne l’ensemble des créations immatérielles produites par l’entreprise : marques, brevets, codes sources, méthodes de travail, identités visuelles, contenus, bases clients, etc. Avant une cession, l’enjeu principal consiste à prouver deux choses : que ces actifs existent et qu’ils vous appartiennent juridiquement.

Autrement dit, un acquéreur veut être certain que personne d’autre ne pourra revendiquer vos logiciels, vos créations ou votre marque six mois après l’achat de votre entreprise. Cette sécurisation passe donc par des enregistrements, des contrats, et une mise à jour rigoureuse de tout ce qui touche à vos actifs immatériels.

Ce qu’un dirigeant doit savoir sur le sujet

Pour un acquéreur, la propriété intellectuelle représente une partie essentielle de la valeur d’une PME. Même dans une activité dite « traditionnelle », il existe toujours des éléments différenciants à protéger : un savoir-faire, un fichier client construit pendant des années, une méthode interne, un design spécifique, un outil digital développé en interne, etc.

Chez Scale2Sell, nous observons souvent que les dirigeants sous-estiment la portée juridique de leurs créations. Un simple logo non déposé peut créer des litiges. Un logiciel développé par un freelance sans contrat de cession peut ne pas appartenir à l’entreprise. Un fichier client partagé entre plusieurs entités peut être juridiquement contestable.

L’autre point souvent ignoré : la propriété intellectuelle influence directement le prix. Un actif protégé, documenté et transmissible rassure l’acquéreur et renforce votre position dans la négociation. Inversement, un doute sur la propriété d’un code source ou d’une base de données génère immédiatement une décote.

Comment analyser votre situation

Voici une méthode simple pour évaluer votre niveau de protection avant une cession.

Étape 1 : Identifier vos actifs immatériels
Listez tout ce qui constitue une création propre à l’entreprise : documents, outils, logiciels, marques, contenus, méthodes internes, noms de produits, bases clients, designs, etc. Cette étape révèle souvent des surprises : dans un dossier accompagné chez Scale2Sell, une PME industrielle découvrait que ses documents techniques représentaient une valeur bien supérieure à ses machines.

Étape 2 : Vérifier la titularité et les preuves de possession
Pour chaque actif, demandez-vous : « Pouvons-nous prouver que nous en sommes propriétaires ? ». Vérifiez les dépôts, les contrats, les droits d’auteur, les factures, et l’existence d’un historique clair. Lorsque les créations sont réalisées par des prestataires externes, assurez-vous que des contrats de cession de droits existent.

Étape 3 : Identifier les zones de risque
Les zones de risque les plus fréquentes concernent : les logiciels développés sans cession de droits, les identités graphiques non déposées, les bases de données non conformes au RGPD, les marques non protégées à l’international, ou encore les salariés qui créent du contenu sans clauses de propriété intellectuelle.

Étape 4 : Mettre en conformité et documenter
Une fois les points sensibles identifiés, il s’agit de régulariser : faire déposer les marques, mettre à jour les contrats, formaliser les processus internes, organiser les preuves. L’acquéreur attend une documentation claire et structurée, facile à intégrer dans sa due diligence.

Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Absence de dépôt officiel de la marque : beaucoup d’entreprises utilisent une marque depuis des années sans la déposer à l’INPI, ce qui peut conduire à des contestations ou à l’impossibilité de la transmettre.
  • Logiciels développés sans contrat de cession : un freelance ou une agence reste propriétaire du code en l’absence de cession explicite, ce qui peut bloquer la cession totale ou partielle du logiciel.
  • Mélange entre données personnelles et données professionnelles : une base client non conforme au RGPD devient difficilement transférable lors d’une vente.
  • Ignorer la PI créée par les salariés : sans clauses spécifiques, certaines créations peuvent rester ambiguës d’un point de vue juridique.
  • Absence de documentation interne : un savoir-faire non formalisé est difficile à valoriser et peut être perçu comme « intangible non transmissible ».

Les bonnes pratiques pour aller plus loin

Étape 1

Formalisez et organisez vos preuves de propriété : dépôts, contrats, fichiers sources, historiques. Un audit simple permet déjà de clarifier ce qui existe et ce qui manque.

Étape 2

Mettez à jour vos contrats de travail et de prestation. Ajoutez des clauses de cession de droits pour les créations futures. Cette anticipation évite des conflits au moment de la due diligence.

Étape 3

Structurez un « dossier PI » clair pour l’acquéreur. Cela montre une entreprise bien gouvernée, rigoureuse, et réduit significativement les frictions dans la phase de cession. L’expérience terrain de Scale2Sell montre qu’un dossier PI propre rassure les acheteurs et fluidifie la négociation.

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À retenir :

Protéger la propriété intellectuelle avant une cession n’est pas seulement une question juridique : c’est un levier direct de valorisation. En identifiant vos actifs immatériels, en vérifiant leur titularité, en corrigeant les zones de risque et en documentant l’ensemble, vous rendez votre entreprise plus fiable, plus attractive et plus simple à transmettre.

Cette démarche demande de la méthode, mais elle évite des décotes, des blocages et des risques juridiques inutiles.

Chez Scale2Sell, nous accompagnons les dirigeants pour structurer leur entreprise, réduire les angles morts et rendre la société réellement désirable aux yeux des acquéreurs. Parce que nous pensons qu'une société ne se vend pas, elle s'achète.

Remarques :
En pratique, demandez-vous :  

Question 1

Analyse stratégique : vos actifs immatériels sont-ils clairement identifiés et listés ? Cette question révèle votre capacité à comprendre votre valeur réelle, au-delà du matériel et du financier.

Question 2

Analyse stratégique : pouvez-vous prouver sans ambiguïté la propriété de chaque création utilisée dans l’entreprise ? Une réponse floue signale un risque juridique majeur lors d’une due diligence.

Question 3

Analyse stratégique : avez-vous sécurisé les contributions des salariés et des prestataires externes ? C’est un indicateur clé de maturité contractuelle et organisationnelle.

Question 4

Analyse stratégique : votre propriété intellectuelle est-elle documentée et transmissible ? Cette question met en lumière votre capacité à transmettre un actif structuré plutôt qu’un savoir informel difficile à valoriser.

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François Joseph Viallon
François
Viallon
Partner Stratégie

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.

Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.

François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.

François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.

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