En 2027, que peut-on attendre dans le secteur des cliniques vétérinaires ?

November 3, 2026
November 3, 2026

En bref, ce qu'on peut attendre en 2027 :

  • Une croissance qui ralentit. Les adoptions marquent le pas et les hausses de tarifs passent moins bien auprès des clients, après une décennie de forte progression.
  • Des réseaux toujours acheteurs, mais surveillés. L'Autorité de la concurrence a prévenu qu'elle pourrait contrôler après coup les rachats les plus problématiques.
  • Un code de déontologie révisé en 2027, avec un débat ouvert sur l'affichage des tarifs et l'indépendance des vétérinaires membres de réseaux.
  • Des effectifs en hausse, mais une équipe toujours difficile à stabiliser, et un maillage rural qui continue de s'affaiblir.
  • Un marché de la transmission actif, où les acheteurs regardent de plus près la qualité des équipes et la rentabilité réelle.

Où en est le secteur fin 2026

Le marché reste porteur. Selon Xerfi, les dépenses de soins vétérinaires des ménages et des agriculteurs sont passées de 4,1 à 6,5 milliards d'euros entre 2016 et 2025, et le chiffre d'affaires des cliniques a progressé de 90 % sur la même décennie. Le pays compte environ 6 600 cliniques et cabinets, un tissu encore fragmenté.

La profession grandit aussi. L'Ordre des vétérinaires recensait 23 022 vétérinaires inscrits au 31 décembre 2025, soit 3,9 % de plus qu'un an plus tôt. Mais le modèle change : l'exercice libéral ne concerne plus que 56,3 % des inscrits, le salariat atteint 43 % et l'exercice individuel est tombé à 8,5 %. Les animaux de compagnie représentent 78,6 % des activités principales, les animaux de rente 13,4 %.

Les 5 tendances qui vont compter en 2027

1. La croissance ne vient plus toute seule

Ce qui change : Xerfi relève un ralentissement des adoptions de chiens et de chats, une difficulté croissante à réévaluer les prix et une concurrence plus vive dans les grandes villes, avec l'ouverture de nouveaux établissements et l'expansion des réseaux. L'institut parle d'un passage d'une logique de volume à une logique de qualité de l'offre et d'efficacité.

Pour une PME : une clinique qui comptait sur la hausse annuelle des tarifs pour couvrir celle des salaires va voir sa marge se tasser. Le pilotage par activité (consultation, chirurgie, imagerie, vente de produits) devient nécessaire pour savoir où se crée réellement le résultat.

2. Les réseaux continuent d'acheter, sous surveillance

Ce qui change : dans son avis du 13 octobre 2025, l'Autorité de la concurrence rapporte que plus de 20 % des vétérinaires en exercice ont rejoint un réseau, et que les sept plus grands réseaux à capitaux extérieurs regroupent plus de 960 cliniques et 60 % des centres hospitaliers vétérinaires. En 2024, 74 % des vétérinaires exerçaient encore dans des structures indépendantes. L'Autorité constate des concentrations très élevées dans certaines communes et indique qu'un contrôle a posteriori des rachats les plus problématiques serait envisageable. Le 19 mars 2026, le Conseil d'État a confirmé la sanction d'une société d'exercice vétérinaire, notamment pour exercice de la profession « comme un commerce ».

Pour une PME : le rachat par un réseau reste une option de sortie, mais les conditions se discutent davantage : objectifs de chiffre d'affaires, grilles tarifaires, autonomie médicale. Pour une clinique indépendante bien implantée, la présence d'un réseau à proximité est aussi un argument : les clients comparent, et la relation de proximité redevient un avantage.

3. Un code de déontologie révisé en 2027

Ce qui change : l'Ordre des vétérinaires prépare une évolution du code de déontologie pour 2027. L'Autorité de la concurrence lui a recommandé d'ajouter une obligation d'afficher les tarifs des actes sur les sites internet des cliniques, et une obligation pour les cliniques membres d'un réseau de le mentionner sur leurs supports. Ce sont des recommandations : le contenu final du code n'est pas connu fin 2026. L'Ordre signale par ailleurs que les plaintes liées à l'accès aux soins et à leur coût sont en forte progression.

Pour une PME : mieux vaut anticiper la transparence tarifaire que la subir. Une grille claire, des devis systématiques pour les actes lourds et une explication des écarts de prix limitent les litiges et rassurent une clientèle devenue plus attentive à la dépense.

4. Plus de vétérinaires, mais une équipe toujours fragile

Ce qui change : en 2025, 1 398 vétérinaires se sont inscrits pour la première fois, dont plus de la moitié formés dans un autre pays européen, et 833 ont quitté le tableau, dont une part importante de jeunes professionnels. En rurale, le nombre de praticiens exerçant principalement auprès des animaux de rente a reculé de 8 % et 234 établissements à dominante rurale ont disparu depuis 2023, selon la cellule de l'Ordre chargée du maillage. Les projets de budget 2027 (PLF et PLFSS) ne comportent pas, à notre connaissance, de mesure propre aux cliniques ; le PLFSS prévoit en revanche de prolonger le gel des allègements de charges patronales décidé en 2026, ce qui pèse sur toutes les entreprises employeuses.

Pour une PME : la croissance des effectifs ne règle pas la question de la stabilité. Une clinique qui dépend de deux associés pour la chirurgie ou la garde est fragile au quotidien et moins attractive pour un repreneur. L'organisation des gardes, le planning et la place donnée aux salariés comptent autant que la rémunération.

5. Le marché de la transmission reste actif, avec des acheteurs plus sélectifs

Ce qui change : les réseaux soutenus par des fonds poursuivent leurs acquisitions. L'un d'eux a racheté 85 cliniques en 2024 et une cinquantaine en 2025 ; un autre, qui en compte 115, vise 200 établissements à moyen terme (Xerfi, avril 2026). Xerfi note aussi les limites de ce modèle : défiance croissante et pénurie de vétérinaires. La règle reste qu'un vétérinaire exerçant dans la structure détient la majorité du capital, et l'ordonnance du 8 février 2023 a renforcé le contrôle de ces conditions. Côté fiscal, le projet de loi de finances 2027 prévoit un « pacte Papin » pour faciliter certaines reprises, notamment par les salariés, entre 2027 et 2029 ; il n'est pas voté.

Pour une PME : la cession ne se limite plus au choix entre un réseau et un jeune confrère. Une reprise progressive par des associés salariés peut devenir plus intéressante si le pacte Papin est adopté. Dans tous les cas, l'acheteur regardera la rentabilité retraitée et la dépendance aux associés sortants. Voir notre méthode pour valoriser une clinique vétérinaire.

Trois scénarios pour votre clinique

Scénario

Ce qui se passe

Ce qui fait la différence

Prudent

Fréquentation stable, tarifs bloqués, départ d'un vétérinaire clé

Suivi de la marge par activité, plan de recrutement, trésorerie

Central

Croissance modérée, concurrence accrue en ville, nouveau code en préparation

Grille tarifaire claire, offre lisible, équipe stable

Favorable

Demande soutenue, recrutements réussis, pacte Papin adopté

Capacité à investir (imagerie, chirurgie) et à associer de nouveaux vétérinaires

Ce que vous pouvez faire dès maintenant, selon votre situation

  • Vous voulez développer : choisissez une ou deux activités où vous pouvez faire la différence (chirurgie, médecine préventive, suivi des élevages dans votre zone) et rendez-les visibles auprès de vos clients. Tracer une feuille de route.
  • Vous devez structurer : mettez en place un suivi mensuel de la rentabilité par activité, une grille tarifaire publiée et une organisation des gardes qui ne repose pas toujours sur les mêmes. Structurer pour passer un cap.
  • Vous êtes à bout de souffle : gardes, gestion d'équipe et décisions d'investissement s'additionnent. Un regard extérieur aide à trier ce qui doit rester sur votre bureau. Prendre du recul.
  • Vous pensez à céder : comparez les options (réseau, associés, confrère) avant d'être sollicité, et commencez à réduire la dépendance de la clinique à votre personne. Préparer une cession.

Questions fréquentes

Le marché des cliniques vétérinaires va-t-il continuer à croître en 2027 ?

Les dépenses de soins progressent encore, mais plus lentement : les adoptions ralentissent et les hausses de prix sont moins bien acceptées. La croissance dépendra davantage de la qualité de l'offre et de l'organisation que de la seule hausse des tarifs.

L'affichage des tarifs va-t-il devenir obligatoire ?

L'Autorité de la concurrence l'a recommandé en octobre 2025 et l'Ordre prépare une révision du code de déontologie pour 2027. Fin 2026, le texte définitif n'est pas connu. Préparer dès maintenant une grille claire ne coûte rien et évite d'être pris de court.

Faut-il vendre sa clinique à un réseau avant 2027 ?

Rien n'oblige à se presser. Les réseaux restent acheteurs, mais regardent de plus près la rentabilité et la stabilité de l'équipe. Une clinique préparée garde le choix entre plusieurs acquéreurs, y compris ses propres collaborateurs.

Sources : Autorité de la concurrence, avis n° 25-A-12 du 13 octobre 2025 ; Ordre national des vétérinaires, revue n° 97, mai 2026 (démographie 2025, maillage, décision du Conseil d'État du 19 mars 2026) ; Xerfi, « Le marché des soins vétérinaires », mise à jour novembre 2025, et note d'expert d'avril 2026 ; dossiers de présentation du PLF et du PLFSS 2027 (octobre 2026). Article publié en novembre 2026, mis à jour au vote du budget 2027.

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À retenir :

En 2027, les cliniques vétérinaires restent sur un marché porteur, mais la croissance ne viendra plus seule : prix moins faciles à relever, concurrence en ville, règles de transparence plus exigeantes. Les cliniques qui tiennent leur équipe, suivent leur rentabilité par activité et ne dépendent pas d'un seul associé garderont le choix de leur avenir, y compris face aux réseaux.

Remarques :
En pratique, demandez-vous :  
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