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En 2027, que peut-on attendre dans le secteur de la peinture en bâtiment ?
En bref, ce qu'on peut attendre en 2027 :
- Pas de reprise générale. La FFB anticipe un nouveau recul du bâtiment en 2027, et l'aménagement-finition fait partie des métiers les plus touchés en 2026.
- Des produits toujours chers : l'énergie se répercute sur les solvants et les liants, et les fabricants n'attendent pas d'amélioration.
- Une trésorerie sous tension, avec des délais de paiement qui s'allongent et des impayés.
- Une rénovation énergétique concentrée sur les chantiers d'ampleur, où le peintre devient un lot parmi d'autres.
- Un marché de la transmission plus actif, avec un projet de « pacte Papin » qui faciliterait la reprise par les salariés.
Où en est le marché de la peinture fin 2026
Le bâtiment n'a pas retrouvé la croissance en 2026. En septembre, la Fédération française du bâtiment prévoyait un recul de 0,3 % de l'activité hors effet prix et environ 20 000 emplois perdus, avec un entretien-amélioration en baisse de 3,3 % en volume sur un an au deuxième trimestre. C'est le cœur de métier des peintres.
Côté artisans, la CAPEB mesure au deuxième trimestre 2026 un recul de 1,5 % de l'activité sur un an. L'aménagement-décoration-plâtrerie, qui regroupe les peintres, fait partie des métiers les plus touchés : –2 % après –1,5 % au trimestre précédent. La trésorerie inquiète : 35 % des entreprises la déclarent en dégradation, contre 3 % en amélioration, et 26 % ont des besoins de financement, six points de plus qu'un an auparavant, surtout à cause des délais de paiement et des impayés.
Chez les fabricants, la FIPEC relève pour 2025 un marché des peintures, lasures, enduits et vernis de 2,8 milliards d'euros, en baisse de 1,8 % en valeur et stable en volume. Les particuliers achètent davantage, mais des gammes moins chères.
Les 5 tendances qui vont compter en 2027
1. L'entretien et la décoration restent en repli
Ce qui change : la FFB anticipe un nouveau recul du bâtiment en 2027. Le neuf se redresse lentement (les mises en chantier de logements progressent de 18,8 % sur douze mois à fin mai 2026, selon la CAPEB, mais restent sous leur moyenne de cinq ans), tandis que l'entretien-amélioration se dégrade.
Pour une PME : le chantier de particulier qui se décide vite se raréfie. Les clients réguliers (syndics, bailleurs sociaux, gestionnaires de bureaux, collectivités) apportent une activité plus prévisible. Les entreprises tournées vers le neuf peuvent profiter de la légère reprise des logements, à condition de ne pas accepter des prix qui ne couvrent pas leurs coûts.
2. Des produits chers, des prix de vente qui suivent mal
Ce qui change : la FIPEC signale une hausse du coût de l'énergie répercutée sur les intrants pétrosourcés (solvants, liants) et des coûts de transport alourdis par la situation au détroit d'Ormuz ; ses adhérents n'anticipaient pas d'amélioration en 2026. Les prix des travaux de peinture et de vitrerie ont progressé de 2,0 % sur un an au premier trimestre 2026, quand l'indice des coûts du bâtiment montait de 2,7 % (Insee, repris par la CAPEB).
Pour une PME : l'écart entre coûts et prix se lit directement dans la rentabilité d'un peintre. Mettez à jour vos prix au m² et vos bordereaux au moins deux fois par an, chiffrez le temps réel passé en préparation des supports, et suivez la marge chantier par chantier plutôt qu'en fin d'exercice.
3. La trésorerie devient le premier sujet
Ce qui change : la CAPEB décrit une situation financière « qui se détériore nettement » : solde d'opinion sur la trésorerie à –32 points au deuxième trimestre 2026, contre –18 au trimestre précédent. Les carnets de commandes se stabilisent à 80 jours de travail en moyenne, un peu moins pour les entreprises de moins de dix salariés.
Pour une PME : facturez des acomptes, des situations mensuelles sur les chantiers longs et relancez dès l'échéance. Préparez aussi la facturation électronique : l'émission devient obligatoire pour les PME et TPE le 1er septembre 2027.
4. La rénovation globale change la place du peintre
Ce qui change : depuis le 1er janvier 2026, l'isolation des murs n'est plus aidée par MaPrimeRénov' « par geste », et le projet de budget 2027 recentre les aides sur la rénovation d'ampleur. La FIPEC note que l'isolation thermique par l'extérieur souffre de cette réduction. En parallèle, l'interdiction de louer les logements classés F au DPE arrive en 2028 et la refonte de la filière déchets du bâtiment doit entrer en application au 1er janvier 2027.
Pour une PME : les peintres-façadiers qui posaient de l'isolation par l'extérieur en geste isolé doivent rejoindre des groupements ou des entreprises générales qui portent la rénovation globale. Pour les autres, les travaux de remise en état des logements de bailleurs avant 2028 sont une demande prévisible à aller chercher. Vérifiez aussi le coût de reprise de vos déchets de chantier dans vos devis.
5. Le marché de la transmission s'active
Ce qui change : selon la Banque de France (octobre 2026), environ 500 000 entreprises pourraient être cédées dans les dix ans en raison du départ en retraite de leur dirigeant. Le projet de loi de finances 2027 prévoit un « pacte Papin » pour les cessions réalisées entre 2027 et 2029 : droits d'enregistrement ramenés à 0,1 % et abattement sur la plus-value du dirigeant partant en retraite porté de 500 000 € à 1 M€ en cas de reprise par des salariés. Ce n'est pas encore voté.
Pour une PME : une entreprise de peinture dont le chiffrage, la relation client et l'organisation des équipes reposent sur le dirigeant se vend mal. Un chef d'équipe expérimenté peut devenir le repreneur naturel. Voir notre méthode pour valoriser une entreprise du BTP et nos repères pour reprendre une entreprise de peinture.
Trois scénarios pour votre entreprise
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Scénario |
Ce qui se passe |
Ce qui fait la différence |
|---|---|---|
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Prudent |
Particuliers en net recul, impayés en hausse, produits plus chers |
Trésorerie, acomptes, sélection des chantiers |
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Central |
Entretien stable à bas niveau, légère reprise du neuf |
Clients réguliers, prix au m² à jour, marge suivie par chantier |
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Favorable |
Baisse des taux, reprise des ventes de logements anciens |
Capacité à recruter des peintres qualifiés sans dégrader la finition |
Ce que vous pouvez faire dès maintenant, selon votre situation
- Vous voulez développer : choisissez un ou deux segments où la demande reste régulière (copropriétés, bailleurs, tertiaire, collectivités) et construisez une offre lisible pour eux. Tracer une feuille de route.
- Vous devez structurer : suivez la marge par chantier, les heures réelles par poste et le délai d'encaissement, et donnez une vraie délégation à vos chefs d'équipe. Structurer pour passer un cap.
- Vous êtes à bout de souffle : quatre années de baisse usent. Un regard extérieur sur vos arbitrages aide davantage que des heures en plus. Prendre du recul.
- Vous pensez à céder : 2027 est une année de préparation. Former un successeur, documenter vos méthodes de chiffrage et sécuriser vos clients réguliers pèsent sur le prix. Préparer une cession.
Questions fréquentes
Le marché de la peinture en bâtiment va-t-il repartir en 2027 ?
Les prévisions disponibles fin 2026 ne l'indiquent pas : la FFB anticipe un nouveau recul du bâtiment, et l'entretien-amélioration, cœur de métier des peintres, reste mal orienté. Le neuf se redresse lentement à partir d'un niveau bas.
Quelle est la rentabilité d'une entreprise de peinture ?
Elle dépend surtout de trois postes : le temps réellement passé par chantier, le prix des produits et le délai d'encaissement. Comparez votre marge chantier par chantier à votre historique plutôt qu'à une moyenne nationale, et pour estimer ce que vaut votre entreprise, vous pouvez utiliser notre outil de valorisation.
Faut-il vendre son entreprise de peinture avant 2027 ?
Vendre dans la précipitation coûte cher. Si le pacte Papin est voté, une reprise par vos salariés pourrait devenir plus avantageuse à partir de 2027. Mieux vaut utiliser l'année pour rendre l'entreprise moins dépendante de vous, puis choisir le moment.
Sources : FFB, conjoncture de septembre 2026 ; CAPEB, note de conjoncture du deuxième trimestre 2026 (dont indices Insee des prix et des coûts) ; FIPEC, bilan 2025 présenté le 31 mars 2026 (via Batiweb, avril 2026) ; décret du 25 août 2026 relatif à MaPrimeRénov' et presse professionnelle sur le projet de loi de finances 2027 ; Batiweb sur la refonte de la REP bâtiment (mai 2026) ; loi Climat et résilience (calendrier DPE) ; Banque de France, Observatoire du financement des entreprises (2026) ; FFB et Légifiscal sur le pacte Papin (octobre 2026) ; Ordre des experts-comptables, calendrier de la facturation électronique (octobre 2026). Article publié en novembre 2026, mis à jour au vote du budget 2027.
Retrouvez tous nos repères pour les entreprises de l'artisanat et du BTP.
En 2027, la peinture en bâtiment ne devrait pas connaître de reprise générale : l'entretien recule, les coûts des produits restent élevés et la trésorerie est sous pression. Les entreprises qui suivent leur marge par chantier, encaissent vite, travaillent pour des clients réguliers et s'appuient sur des chefs d'équipe autonomes traverseront mieux la période, et vaudront plus le jour d'une transmission.
Cet article relève de l’étape « Développer ». Et vous, où en êtes-vous ?
Selon le moment que vous traversez, voici par où commencer — et l'accompagnement qui vous correspond.
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