En 2027, que peut-on attendre dans le secteur de la menuiserie ?

November 3, 2026
November 3, 2026

En bref, ce qu'on peut attendre en 2027 :

  • Une première année pleine sans aide « par geste » pour les fenêtres. Depuis le 1er septembre 2026, le remplacement de fenêtres n'est plus financé par MaPrimeRénov' en dehors d'une rénovation globale.
  • Un neuf toujours bas. La FFB anticipe un nouveau repli des mises en chantier de logements et du non-résidentiel neuf en 2027.
  • Une rénovation qui se concentre sur les chantiers d'ampleur, où le menuisier devient un lot parmi d'autres.
  • De nouvelles règles pour les déchets de chantier avec la refonte de la filière REP bâtiment prévue au 1er janvier 2027.
  • Un marché de la transmission plus actif, avec un projet de « pacte Papin » qui faciliterait la reprise par les salariés.

Où en est le secteur fin 2026

Le bâtiment n'a pas retrouvé la croissance en 2026. En septembre, la Fédération française du bâtiment prévoyait un recul de 0,3 % de l'activité hors effet prix et environ 20 000 emplois perdus. L'amélioration-entretien, qui représente environ 60 % de l'activité, a reculé de 3,3 % en volume entre les deuxièmes trimestres 2025 et 2026, et la rénovation énergétique de 4,3 %. Côté artisans, la CAPEB a mesuré au deuxième trimestre 2026 un treizième trimestre consécutif de baisse (–1,5 % sur un an) et des tensions de trésorerie « qui restent fortes ».

Le marché de la fenêtre recule depuis plusieurs années. Selon les données publiées par l'UFME, environ 2,57 millions de fenêtres ont été posées dans le neuf et 7,75 millions en rénovation lors de la dernière mesure, en baisse respectivement de 16 % et de 5 % par rapport à 2021. Les coûts, eux, ne baissent pas : la FFB relève une hausse de 4,3 % du prix des matériaux entre février et juin 2026.

Les 5 tendances qui vont compter en 2027

1. La fenêtre sort des aides par geste

Ce qui change : un décret et deux arrêtés publiés au Journal officiel le 27 août 2026 ont supprimé, pour les demandes déposées depuis le 1er septembre 2026, les forfaits MaPrimeRénov' « par geste » pour les fenêtres, l'isolation des combles, la ventilation, les poêles à bois et certains chauffe-eau. L'isolation des murs était déjà sortie au 1er janvier 2026. Ces travaux ne sont plus aidés que dans une rénovation d'ampleur. C'est voté et appliqué. Le projet de loi de finances 2027 confirme ce recentrage. La CAPEB demande que les gestes écartés soient mieux soutenus par les certificats d'économie d'énergie.

Pour une PME : le particulier qui changeait ses fenêtres avec une prime doit désormais payer seul ou passer par un projet global. Les entreprises dont le carnet reposait sur ce monogeste vont voir le panier moyen et le taux de transformation baisser. Revoyez votre argumentaire (confort d'été, acoustique, sécurité) et vérifiez les financements encore mobilisables, comme l'éco-prêt à taux zéro.

2. La rénovation globale devient la porte d'entrée

Ce qui change : l'argent public de la rénovation va désormais presque exclusivement au parcours accompagné, avec un accompagnateur et un bouquet de travaux. Les menuiseries y restent finançables, mais comme un lot dans un ensemble.

Pour une PME : celui qui tient la relation avec le client n'est plus forcément le menuisier. Deux options : rejoindre un groupement d'artisans capable de porter une rénovation globale, ou nouer des partenariats réguliers avec des entreprises générales et des accompagnateurs. Dans les deux cas, la qualification RGE et la tenue des délais deviennent vos premiers arguments commerciaux.

3. Le neuf ne repart pas

Ce qui change : la FFB compte un peu moins de 300 000 logements mis en chantier en 2026, avec des permis de logements collectifs en recul de 16,6 % sur sept mois. Elle anticipe un nouveau repli des mises en chantier et du non-résidentiel neuf en 2027.

Pour une PME : les fabricants et les entreprises de pose qui travaillent pour les promoteurs et les entreprises générales subiront la pression sur les prix. Les charpentiers et menuisiers bois tournés vers la maison individuelle neuve sont également exposés. Le risque principal est d'accepter des chantiers à marge nulle pour occuper l'atelier.

4. La filière déchets du bâtiment change de règles

Ce qui change : les menuiseries font partie des produits soumis à la responsabilité élargie du producteur du bâtiment. Une refonte de cette filière doit entrer en application au 1er janvier 2027 : filières « matures » et « non matures » traitées séparément, fin annoncée de la reprise gratuite de certains petits volumes triés, éco-contributions revues. Au printemps 2026, les textes n'étaient pas encore publiés, et plusieurs points restaient contestés par la CAPEB.

Pour une PME : les fabricants doivent suivre l'évolution de leurs éco-contributions, et les poseurs le coût de reprise des fenêtres déposées. Ce sont quelques points de marge qui peuvent se perdre si les devis ne sont pas mis à jour.

5. Le marché de la transmission s'active, avec des acheteurs exigeants

Ce qui change : selon l'Observatoire du financement des entreprises (Banque de France, octobre 2026), environ 500 000 entreprises pourraient être cédées dans les dix ans en raison du départ en retraite de leur dirigeant. Le projet de loi de finances 2027 prévoit un « pacte Papin » pour les cessions réalisées entre 2027 et 2029 : droits d'enregistrement ramenés à 0,1 % en cas de reprise par des salariés, abattement sur la plus-value du dirigeant qui part en retraite porté de 500 000 € à 1 M€, suramortissement pour l'entreprise reprise. Ce n'est pas encore voté. Sur le marché des transactions de taille moyenne, l'indice Argos s'établissait à 8,8 fois l'EBITDA au deuxième trimestre 2026 ; les PME artisanales se négocient en général bien en dessous.

Pour une PME : un atelier qui dépend de son dirigeant pour le chiffrage, la relation client et le savoir-faire technique se vend mal. Voir notre méthode pour valoriser une entreprise de menuiserie et charpente.

Trois scénarios pour votre entreprise

Scénario

Ce qui se passe

Ce qui fait la différence

Prudent

Demande des particuliers en net recul, neuf toujours bas

Trésorerie, sélection des chantiers, marge suivie par chantier

Central

Rénovation globale qui compense en partie, neuf stable à bas niveau

Partenariats avec les entreprises qui portent la rénovation globale

Favorable

Budget 2027 plus favorable aux gestes isolés, reprise du crédit immobilier

Capacité à recruter des poseurs qualifiés sans dégrader la qualité

Ce que vous pouvez faire dès maintenant, selon votre situation

  • Vous voulez développer : choisissez un ou deux circuits où la demande reste financée (rénovations d'ampleur, bailleurs de logements F avant l'échéance de 2028, collectivités) et construisez une offre lisible pour eux. Tracer une feuille de route.
  • Vous devez structurer : installez le suivi de marge par chantier, mettez à jour vos devis (matériaux, éco-contributions, reprise des déchets) et donnez une vraie délégation à votre chef d'atelier ou de chantier. Structurer pour passer un cap.
  • Vous êtes à bout de souffle : trois années de baisse usent. Un regard extérieur sur vos arbitrages aide davantage que des heures en plus. Prendre du recul.
  • Vous pensez à céder : 2027 est une année de préparation. Former un successeur en interne, documenter vos méthodes de chiffrage et suivre de près le pacte Papin sont les priorités. Préparer une cession.

Questions fréquentes

Peut-on encore obtenir MaPrimeRénov' pour changer ses fenêtres en 2027 ?

Plus en « geste isolé » : depuis le 1er septembre 2026, les fenêtres ne sont aidées que dans le cadre d'une rénovation d'ampleur. D'autres financements peuvent rester mobilisables selon le projet ; vérifiez-les au cas par cas avant de chiffrer.

La menuiserie va-t-elle repartir en 2027 ?

Les prévisions disponibles fin 2026 ne l'indiquent pas : la FFB anticipe un nouveau recul du bâtiment, en particulier dans le neuf. La rénovation globale et les travaux imposés par la réglementation devraient mieux résister.

Faut-il vendre son entreprise de menuiserie avant 2027 ?

Vendre dans la précipitation coûte cher. Si le pacte Papin est voté, une reprise par vos salariés pourrait devenir plus avantageuse à partir de 2027. Mieux vaut utiliser l'année pour rendre l'entreprise moins dépendante de vous, puis choisir le moment.

Sources : FFB, conjoncture et conférence de presse de septembre 2026 ; CAPEB, note de conjoncture du deuxième trimestre 2026, communiqués du 30 juin et du 5 octobre 2026 ; UFME, données économiques de la filière portes et fenêtres (2025) et note sur la réforme MaPrimeRénov' (août 2026) ; décret du 25 août 2026 relatif à MaPrimeRénov' ; Batiweb sur la refonte de la REP bâtiment (mai 2026) ; presse spécialisée sur les financements de rénovation après le 1er septembre 2026 ; loi Climat et résilience (calendrier DPE) ; FFB et Légifiscal sur le pacte Papin (octobre 2026) ; Banque de France, Observatoire du financement des entreprises (2026) ; Argos Index® mid-market, T2 2026. Article publié en novembre 2026, mis à jour au vote du budget 2027.

Retrouvez tous nos repères pour les entreprises de l'artisanat et du BTP.

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À retenir :

En 2027, la menuiserie devra vivre sans l'aide par geste qui soutenait le remplacement de fenêtres, avec un neuf toujours faible. Les entreprises qui savent s'intégrer dans une rénovation globale, suivre leurs marges par chantier et s'appuyer sur une équipe autonome traverseront mieux l'année, et vaudront plus le jour d'une transmission.

Remarques :
En pratique, demandez-vous :  
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