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Lors d’une opération de cession, la solidité du dispositif commercial influence directement la valorisation et la confiance des repreneurs. Beaucoup d’acquéreurs hésitent devant une fonction commerciale mal structurée ou trop dépendante du dirigeant. Pour inverser ce paradigme, il est essentiel d’organiser un accompagnement commercial robuste, professionnalisé, qui rassure sur la pérennité du chiffre d’affaires et la capacité à générer de la croissance sans la présence exclusive du fondateur.
Le pilotage commercial commence par une gestion du pipeline commerciale structurée. Instaurer des points hebdomadaires (sales meetings concis, revues de pipeline) permet d’éviter l’effet tunnel et de réallouer rapidement les efforts sur les opportunités à plus fort potentiel. La régularité est clé : c’est davantage la routine de suivi que le volume d’opportunités qui sécurise la lecture du futur business.
Définir et documenter le process de vente, de la génération de lead jusqu’au closing, fluidifie l’intégration d’autres commerciaux ou managers. Même dans les plus petites équipes, expliciter chaque étape (qualification, proposition, négociation, relances) garantit une performance moins dépendante du relationnel ou du flair individuel.
La routine ne doit pas réduire le dynamisme commercial à des chiffres. Fixer des objectifs réalistes, responsabiliser chaque membre sur son scope et instaurer un feedback constructif (coaching, débrief collectif, points one-to-one) contribuent à une montée en compétence durable et à une dynamique positive face à la pression du calendrier de cession.
Un outil de CRM adapté, même minimaliste, est le cœur de la professionnalisation commerciale. Il centralise les données clients, historiques, prévisions, tâches et délais – autant d’éléments décisifs pour un acquéreur qui cherche de la lisibilité et de la continuité après la transition.
Le reporting ne se limite pas aux chiffres : il fournit à la fois un réflexe de pilotage, une mémoire d’intervention et un argumentaire lors des due diligences. Un tableau de bord clair, partagé avec la direction comme avec les équipes, donne de la prévisibilité sur le carnet de commandes, la récurrence des clients, l’évolution des taux de transformation ou encore la part des nouveaux contrats versus renouvellements.
Mettre en place des dispositifs de primes et bonus modulés sur les réelles performances (CA nouveau, marge, satisfaction client…) et documentés via des outils fiables écarte le risque de subjectivité à la cession. Il est recommandé de lier une part de la rémunération variable à des objectifs partagés et mesurables, afin d’éviter les visions court-termistes.
Pour les PME et ETI n’ayant pas les moyens ou la structure interne pour professionnaliser leur direction commerciale, le recours à un directeur commercial externalisé peut être un atout de poids. Cet intervenant apporte méthode, neutralité, montée en gamme des pratiques, continuité dans le pilotage même en cas de stress transactionnel et rassure les acquéreurs quant à la capacité de l’organisation à performer sans dépendance personnelle au fondateur historique.
Standardiser et monitorer ne doit pas tuer l’agilité commerciale ni le flair métier. Les routines, l’outillage et les KPI sont indispensables pour valoriser une PME avant une cession, mais attention au dogmatisme process. Trop de rigidité peut désengager l’équipe, brider l’innovation commerciale ou décourager certains profils clés. L’enjeu est de trouver le bon dosage entre méthode et adaptation continue.
En structurant votre accompagnement commercial autour de routines solides, d’outils digitaux adaptés et de KPI pertinents, vous maximisez la lisibilité, la crédibilité et donc la valeur de votre PME lors d’une cession. Mais ne sacrifiez pas l’agilité ou la motivation de vos équipes au nom d’un process trop rigide : le pilotage commercial doit rassurer sans étouffer. À vous de jouer pour bâtir la trajectoire qui convaincra acquéreurs, investisseurs... et équipes clés !

François Joseph Viallon est cofondateur de Scale2Sell, où il accompagne des dirigeants dans leur passage à un nouveau palier de croissance jusqu’à la cession de leur entreprise.
Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé StarDust, une société internationale spécialisée dans le test d’applications mobiles, qu’il a menée jusqu’à sa cession.Fort de cette expérience, il partage aujourd’hui les enseignements – succès comme erreurs – de son parcours pour aider d’autres dirigeants à structurer, valoriser et transmettre leur entreprise dans les meilleures conditions.
Il est également l'animateur du podcast Les interviews Scale2Sell et du programme d’accompagnement One Step Forward, pensé pour les dirigeants qui veulent anticiper et réussir leur transition.
François croit profondément à l’impact d’un collectif d’experts engagés, au service de dirigeants prêts à franchir une nouvelle étape.
François est papa de 2 garçons de 11 et 12 ans, il est basé à Marseille et en Haute-Savoie.