En 2027, que peut-on attendre dans le secteur de l'emballage ?
November 8, 2026En bref, ce qu'on peut attendre en 2027 :
- Une réglementation européenne qui fixe le calendrier. Le règlement (UE) 2025/40 sur les emballages (PPWR) s'applique depuis le 12 août 2026 ; ses obligations les plus lourdes arrivent en 2030.
- Des matières plus chères : résines renchéries par le choc pétrolier, aluminium en forte hausse en 2026.
- Un transfert entre matériaux, du plastique vers le papier-carton et l'aluminium, qui crée des gagnants et des perdants.
- Une demande industrielle hésitante, avec des carnets dégradés dans la chimie et la plasturgie.
- Des grands groupes qui se rapprochent, et des PME qui doivent choisir leur place : niche, sous-traitance ou cession.
Où en est le marché de l'emballage fin 2026
L'emballage regroupe des métiers très différents : plastique rigide et souple, papier et carton, métal, verre, bois. Selon Xerfi (mise à jour d'octobre 2026), les industriels français ont vendu pour 7,8 milliards d'euros d'emballages plastiques en 2024. Le principal débouché est l'agroalimentaire, devant la pharmacie, la cosmétique et l'entretien. Le secteur compte une part élevée d'entreprises de taille moyenne, qui réalisent plus d'un tiers de leur chiffre d'affaires à l'export.
Le papier-carton progresse. La production de papiers d'emballage souple a augmenté de 24 % en 2024, selon Copacel cité par Xerfi. Mais l'appareil industriel français reste jugé sous-dimensionné : la moitié du marché est servie par les importations, et la soixantaine de fabricants d'emballages papier sont surtout des petites entreprises.
La conjoncture industrielle reste molle. Dans son enquête publiée le 12 octobre 2026, la Banque de France indique que la production a progressé en septembre, mais moins vite que sa tendance de long terme, avec des carnets particulièrement dégradés dans la chimie et la plasturgie.
Les 5 tendances qui vont compter en 2027
1. Le règlement européen sur les emballages entre dans le concret
Ce qui change : le règlement (UE) 2025/40 remplace la directive de 1994 et s'applique depuis le 12 août 2026. Premières obligations : déclaration de conformité et documentation technique pour chaque emballage mis sur le marché, limites de PFAS dans les emballages au contact des aliments. Viennent ensuite le contenu recyclé obligatoire dans les emballages plastiques (2028), puis, au 1er janvier 2030, une recyclabilité minimale pour tous les emballages : les deux classes les plus faibles seront interdites. En France, la loi AGEC fixe déjà la fin des emballages en plastique à usage unique d'ici 2040.
Pour une PME : vos clients vont vous demander des preuves : composition, recyclabilité, documentation. Un fabricant capable de fournir un dossier technique complet et de proposer une version plus recyclable de chaque référence devient un fournisseur sûr. Celui qui ne le peut pas sera remplacé lors du prochain appel d'offres.
2. Les matières pèsent sur les marges
Ce qui change : Xerfi relève que le choc pétrolier de 2026 renchérit les résines et réduit la compétitivité-prix du plastique, alors que le prix est l'un de ses principaux atouts. En mai 2026, le cours de l'aluminium était en hausse de 47 % sur un an, selon les données reprises par la CAPEB. Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières s'applique depuis le 1er janvier 2026 à l'acier et à l'aluminium importés. La Banque de France observe que ces hausses ne sont répercutées que partiellement sur les prix de vente.
Pour une PME : un fabricant d'emballages a souvent peu de pouvoir de négociation face à de grands donneurs d'ordre. Vérifiez que vos contrats contiennent des clauses d'indexation sur les matières et l'énergie, et appliquez-les. Une marge brute suivie par référence et par client montre vite où la hausse n'a pas été répercutée.
3. Les volumes changent de matériau
Ce qui change : le durcissement réglementaire et les engagements des marques poussent à alléger les emballages et à substituer le papier-carton ou l'aluminium au plastique, selon Xerfi. Les objectifs européens de recyclage pour 2030 sont maintenus par matériau.
|
Matériau |
Objectif de recyclage 2030 |
Ce que cela implique |
|---|---|---|
|
Plastique |
55 % |
Allègement, monomatériau, contenu recyclé |
|
Papier et carton |
85 % |
Demande en hausse, capacités à suivre |
|
Métaux ferreux |
80 % |
Atout du recyclage, coût de l'acier |
|
Aluminium |
60 % |
Demande soutenue, cours volatils |
|
Verre |
75 % |
Réemploi et consigne à anticiper |
Pour une PME : un transformateur plastique dont les clients basculent vers le carton perd des volumes d'un coup. Recensez la part de votre chiffre d'affaires exposée à une substitution et ouvrez la discussion avec vos clients avant qu'ils ne lancent leur appel d'offres.
4. Les grands groupes se rapprochent
Ce qui change : selon Xerfi, les leaders de l'emballage plastique en France sont pour beaucoup des filiales de groupes mondiaux. Dans le métal comme dans le plastique, chaque rapprochement entre grands fabricants concentre un peu plus l'offre face aux marques de l'agroalimentaire et des boissons. Dans le papier, Xerfi note que la consolidation, la modernisation des lignes et la montée en gamme sont les réponses des industriels à la pression concurrentielle.
Pour une PME : la question n'est pas de rivaliser en volume. Elle est de choisir une position défendable : séries courtes, réactivité, spécialité technique, proximité d'un bassin agroalimentaire. Une PME sans spécialité claire devient soit un sous-traitant des grands, soit une cible de rachat.
5. Des aides à l'investissement et des reprises encouragées
Ce qui change : le projet de loi de finances 2027 prévoit un suramortissement « industrie 4.0 » pour les PME et ETI industrielles et un « pacte Papin » pour faciliter certaines reprises entre 2027 et 2029, notamment par les salariés. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale prolongerait le gel des allègements de charges ; il a été rejeté en première lecture par l'Assemblée nationale le 23 octobre 2026. Rien n'est encore voté.
Pour une PME : un acquéreur regardera l'état des lignes, la concentration des clients, la conformité au règlement européen et la marge par famille de produits. Voir notre méthode pour valoriser une entreprise de fabrication d'emballages.
Trois scénarios pour votre entreprise
|
Scénario |
Ce qui se passe |
Ce qui fait la différence |
|---|---|---|
|
Prudent |
Matières chères, clients qui changent de matériau, demande faible |
Trésorerie, indexation appliquée, tri des références non rentables |
|
Central |
Volumes stables, exigences de conformité croissantes |
Dossiers techniques prêts, marge suivie par client |
|
Favorable |
Reprise de l'agroalimentaire, suramortissement voté |
Capacité à investir et à proposer des solutions recyclables |
Ce que vous pouvez faire dès maintenant, selon votre situation
- Vous voulez développer : choisissez un ou deux marchés où la réglementation crée un besoin (monomatériau, papier technique, réemploi) et construisez une offre lisible autour. Tracer une feuille de route.
- Vous devez structurer : installez un suivi mensuel de la marge par référence, du coût matière et du taux de service. Préparez la facturation électronique, obligatoire en émission pour les PME le 1er septembre 2027. Voir aussi les indicateurs pour piloter un fabricant d'emballages. Structurer pour passer un cap.
- Vous êtes à bout de souffle : réglementation, matières, clients qui renégocient : tout arrive en même temps. Un regard extérieur aide à choisir les combats. Prendre du recul.
- Vous pensez à céder : 2027 est une année de préparation. Documenter la conformité, réduire la dépendance aux principaux clients et former un successeur pèsent sur le prix. Préparer une cession.
Questions fréquentes
Que change le règlement européen sur les emballages pour une PME ?
Depuis le 12 août 2026, chaque emballage mis sur le marché doit être accompagné d'une déclaration de conformité et d'une documentation technique. Les exigences de contenu recyclé (2028) et de recyclabilité minimale (2030) suivent. Le plus urgent : savoir ce que contient chaque référence et ce qu'elle deviendra en 2030.
Un rapprochement entre grands fabricants d'emballages métalliques change-t-il la donne pour les PME ?
Il renforce le poids des grands groupes auprès des marques de boissons et de conserves. Pour une PME, cela réduit l'espace sur les grandes séries, mais laisse la place aux séries courtes, aux formats spéciaux et à la réactivité. Les clients qui veulent éviter de dépendre d'un seul géant cherchent aussi un second fournisseur.
Faut-il vendre son entreprise d'emballage avant 2027 ?
Vendre en pleine hausse des matières se fait rarement au bon prix. Mieux vaut utiliser 2027 pour rendre l'entreprise plus lisible et conforme, et suivre le vote du pacte Papin. Pour une première estimation, utilisez notre outil de valorisation.
Retrouvez tous nos repères pour les entreprises industrielles.
En 2027, l'emballage ne devrait pas connaître de forte croissance, mais un marché qui se recompose : la réglementation européenne fixe le calendrier, les matières pèsent sur les marges et les clients redistribuent leurs volumes entre matériaux. Les PME qui documentent la conformité de leurs produits, suivent leur marge par référence et ne dépendent pas d'un ou deux clients traverseront mieux la période, et vaudront plus le jour d'une transmission.
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